Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Laurence Ouellet : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Bien qu’elles aspirent à participer au marché du travail, les personnes autistes s’y trouvent couramment sous-représentées. De plus, une fois qu’elles obtiennent un emploi, arriver à le conserver représente un défi important pour plusieurs d’entre elles. Comme des éléments distincts de ceux impliqués pour l’intégration d’un poste pourraient entrer en cause, l’étude des facteurs associés à leur participation durable en emploi s’avère pertinente. Sachant aussi que les éléments influençant le maintien au travail des personnes autistes demeurent peu documentés en contexte québécois, il apparaît essentiel de les explorer en s’intéressant au point de vue des personnes directement concernées. Cette étude qualitative avait donc pour objectif d’identifier et de décrire les obstacles et les facilitateurs du maintien en emploi des personnes autistes selon leur propre perspective. Onze adultes autistes ayant au moins une expérience d’emploi rémunéré au Québec ont participé à des entretiens semi-structurés individuels via la plateforme Zoom. Une fois transcrits, ceux-ci ont fait l’objet d’une analyse thématique selon la perspective du Modèle de développement humain – Processus de production du handicap (MDH-PPH) (Fougeyrollas, 2010). Les résultats témoignent de facteurs personnels et environnementaux ainsi que de considérations relatives aux habitudes de vie. Plus encore, ceux-ci suggèrent que l’interaction entre ces éléments jouerait un rôle clé à l’égard du maintien en emploi.
Historiquement, la déficience intellectuelle (DI) et l’autisme ont été appréhendés comme des pathologies nécessitant des interventions curatives centrées sur la personne. Les concepts de normalisation, de valorisation des rôles sociaux et d’inclusion sont représentatifs d’un mouvement qui rend compte de l’évolution des mentalités misant désormais sur des pratiques inclusives. À l’instar de Bronfenbrenner (1979) soutenant que le développement d’une personne doit être considéré en interaction avec un système environnemental complexe, les personnes avec une DI ou autistes sont considérées au sein de leurs divers milieux de vie, tant leurs systèmes proximaux (garderie, famille, école, travail, etc.) que distaux (municipalité, réseaux de la santé, politiques, etc.).
Le thème central de ce colloque explore l’impact de ces systèmes sur le développement des personnes avec une DI ou autistes. L’objectif est d’exposer les données récentes sur les contextes dans lesquels ces personnes évoluent et leur influence sur le bien-être, l’inclusion sociale et la capacité de la personne à s’épanouir. Ces environnements, lorsqu’ils sont adaptés et bienveillants, jouent un rôle fondamental dans le développement des individus. À l’inverse, des environnements mal ajustés ou non inclusifs peuvent exacerber les difficultés rencontrées, freinant leur progression et créant des obstacles à l’autonomie. Ce colloque met l’accent sur la manière dont les différents systèmes entourant les personnes avec une DI ou autistes peuvent collaborer pour assurer un soutien harmonieux et cohérent. Il s’agit d’examiner comment chaque environnement peut être aménagé pour mieux répondre aux besoins spécifiques de ces personnes. Les échanges réuniront chercheurs, étudiants, professionnels et membres de la communauté dans le but d’identifier les meilleures pratiques pour construire des environnements de vie où chacun peut s’épanouir pleinement, tout en respectant la diversité des parcours individuels.
Titre du colloque :