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Problématiser le médicament au-delà de la sociologie de la santé : agentivité et décloisonnement des oppositions binaires

JC

Membre a labase

Johanne Collin : Université de Montréal

Résumé de la communication

Depuis longtemps déjà, le médicament n’est pensé que comme un outil thérapeutique dont la finalité est de soigner, de guérir ou de contrôler ou de prévenir la maladie. Pour autant, au sein des approches théoriques de la médicalisation, de la biomédicalisation et de la pharmaceuticalisation, le médicament est relativement peu conceptualisé et est le plus souvent appréhendé comme un avatar, une incarnation, de forces sociales plus larges.

Au-delà de ces perspectives macrosociales, on peut cependant envisager le médicament comme un opérateur de flux qui déplace les frontières et redéfit les interfaces entre le normal et le pathologique, entre nature et artifice, et entre singularisation et conformité aux normes sociales. En outre, les problématisations autour du médicament rendent incontournables une posture théorique s’inspirant à la fois du nouveau matérialisme et des critical drug studies dans la façon d’appréhender le médicament : son agentivité et le décloisonnement qu’il commande entre des oppositions binaires (drogue/médicament ; substance licite ou illicite ; usage fonctionnel ou dysfonctionnel ; pratique thérapeutique ou /productivitste, etc.). Dans cette communication, je développerai cet argumentaire en prenant appui sur deux cas de figure qui permettent de reproblématiser le médicament : le cas des smart drugs et celui des psychédéliques.

Résumé du colloque

L’intégration des expertises disciplinaires dans l’étude des problèmes sociaux est aujourd’hui indispensable au vu non seulement de leur complexité et de leur singularisation croissantes (Otero, 2013), mais des réductionnismes, raccourcis, déplacements, recadrages, amalgames et intensifications qui les alimentent à l’ère d’une montée des populismes et des polarisations (politiques, morales, culturelles, économiques, identitaires, etc.). Par ailleurs, il est essentiel d’examiner comment la multiplication des efforts de reconnaissance de la diversité des formes vécues des problèmes sociaux (distorsions, colères, haines, intimidations, indignités, dysrégulations, dépendances, épuisements, invalidations, fragilisations, épreuves, manques, etc.) est associée à de nouvelles manières de comprendre, de soutenir et d’améliorer, mais également de surveiller, de favoriser et de punir.

L’interface comme concept ouvre une voie particulièrement féconde pour appréhender les problèmes sociaux et les problématisations du social dans un monde différencié, médiatisé, déhiérarchisé, détraditionnalisé, émotionalisé et précarisé où les tensions, paradoxes et contradictions sont de plus en plus incarnés et problématisés à travers une multitude de projections. Une interface est une relation, un lien, un pont, ou une jonction qui permet une connexion signifiante entre des éléments dissemblables. Elle est également la limite, la frontière, la clôture ou l’obstacle qui génère la distance dont dépend la circulation productive de signes.

Ce colloque est l’occasion de réfléchir ensemble aux tensions contemporaines et à ce qu’elles génèrent, y compris les tensions entre les regards disciplinaires, entre les angles de problématisation, et entre les manières de situer et d’incarner les problèmes. Nous assisterons à la présentation de problématisations et de problématiques actuelles et actualisées autour de thèmes tels que l’intimité, le travail, l’extrémisme, la vaccination, le contrôle et la surveillance, les psychotropes, les dépendances, l’anxiété, la construction des problèmes sociaux, le vieillissement et les jeunes vivant un premier épisode psychotique.

Contexte

section icon Date : 7 mai 2025

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