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Lucie Ménard : UQAM - Université du Québec à Montréal
La parole est l’un des comportements humains les plus complexes qui soient. De nombreux facteurs moteurs, cognitifs et perceptifs concourent à son développement chez l’enfant et à son maintien chez l’adulte. Comment le bébé acquiert-il les habiletés motrices nécessaires à l’articulation des sons de sa langue maternelle? Comment le cerveau intègre-t-il les informations sensorielles afin de percevoir les sons? Dans cette présentation, je décrirai une série d’études menées au Laboratoire de phonétique dans le but de répondre à ces questions. L’apport de données quantitatives fournies par des techniques de capture de mouvement, combinées à la réalité virtuelle, sera démontré. Je discuterai des principaux enjeux des études expérimentales en phonétique, et plus spécifiquement des liens entre la population à l’étude et le protocole.
La parole est un signal physiologique utilisé par les humains pour communiquer. En plus d’être porteuse d’un message en langage naturel, la parole contient aussi de nombreuses informations sur la personne du locuteur et son état au moment où la communication a lieu. La production et la perception de la parole sont traditionnellement étudiées par des chercheurs de disciplines très diverses, dont la linguistique, l’audiologie, l’orthophonie, la didactique des langues, l’informatique et le génie, recoupant à la fois les secteurs des sciences naturelles et du génie, des sciences de la santé et des sciences humaines et sociales. Les technologies jouent un rôle important dans ces recherches, que ce soit à titre d’outil de mesure pour caractériser les signaux, à titre d’aide technique pour des patients ou des apprenants, ou encore dans un contexte d’automatisation de transactions.
Malgré les succès scientifiques et commerciaux de ces technologies et la diversité des points de vue dans les différentes communautés de recherche entourant les sciences de la parole, des défis importants demeurent en matière d’équité, de diversité et d’inclusion dans ce secteur. Par exemple, les engins de synthèse de la parole n’existent pas dans toutes les langues. Les outils de reconnaissance vocale automatisée ne fonctionnent pas bien avec toutes les populations de locuteurs. Les expériences réalisées à l’aide d’outils de mesure sophistiqués ont souvent lieu dans un contexte de laboratoire fortement contrôlé qui exclut des participants issus de certaines minorités. Certaines technologies ne sont pas adaptées à des situations de handicap.
Dans ce colloque, nous mettons en valeur des perspectives multisectorielles sur l’utilisation et le développement des technologies au service des sciences de la parole, les enjeux que ces derniers soulèvent en matière d’inclusivité et les solutions (technologiques ou non) à ces enjeux.
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