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Lyne Desnoyers : MRC de Memphrémagog
Issu du plan d'action paysages 2021-2027 de la MRC de Memphrémagog, le programme de maintien des paysages - encore à l'état de projet - vise à reconnaître le rôle citoyen dans le maintien et le rétablissement des vues à partir du réseau routier. Dès 1987, la MRC a identifié ses routes pittoresques et panoramiques et inscrit au sein de son schéma d'aménagement. C'est la route qui transforme le pays en paysage. Or, malgré la règlementation, les percées visuelles de certaines de ces routes se sont dégradées à cause de la déprise agricole ou la plantation de haies denses. Ce programme vise à jeter les bases d'actions agricoles et forestières rétribuées afin de maintenir les vues, un programme en construction avec les élus de Memphrémagog.
En milieu rural, ce sont les producteurs agricoles qui cultivent le paysage, qui permettent de maintenir ou rétablir des ouvertures grâce à l'occupation dynamique du territoire. Comment dynamiser le milieu agricole malgré les contraintes réglementaires et la difficulté de rentabilité des fermes ? Entre autre par la création, en parallèle à ce programme, d'une cohorte de codéveloppement entre producteurs de foin, une culture pérenne réalisées sur des terres en location chez des propriétaires fonciers qui n'ont pas l'expertise ni la machinerie pour cultiver la terre.
La rhétorique à l’égard de l’action paysagère s’est transformée au cours des dernières décennies, faisant passer le paysage d’un objet réservé aux experts à un objet démocratique. Dans la foulée de l’expression croissante des sensibilités sociales envers le paysage, le Québec a été témoin d’une pluralité d’initiatives innovantes adaptées aux spécificités locales et régionales.
Des acteurs se rassemblent : pour la protection et la valorisation des paysages, en réponse aux pressions multiples induites; pour envisager l’action paysagère comme une contribution au sentiment d’appartenance et de fierté, au bien-être des individus et des communautés. La reconnaissance du caractère relationnel du paysage nécessite ainsi une compréhension fine de ces composantes intangibles. Par exemple, les enjeux liés aux changements climatiques entraînent de vives préoccupations sociales envers la qualité des paysages et des cadres de vie. Or, si le milieu municipal se dote de plus en plus d’outils pour considérer les composantes tangibles des paysages (ex. : caractéristiques physico-spatiales), la prise en compte des valeurs intangibles reste un défi. L’absence de considération à leur égard peut entraîner des conséquences bien réelles au sein des communautés, pouvant conduire à l’émergence de tensions, voire d’épisodes de conflit. Il est dès lors essentiel de réfléchir collectivement aux manières de révéler ces valeurs pour ensuite les mobiliser dans l’action.
La prise en charge de ces enjeux implique une multiplicité d’acteurs du territoire, du citoyen, aux experts, aux élus. La perspective partenariale doit donc être au cœur de la réponse à apporter à ces défis d’envergure. C’est dans cette optique que la CPEUM a créé le projet d’atlas social des paysages et des territoires pour le Québec. Cette démarche et certains résultats seront présentés et mis en dialogue avec les travaux d’autres parties prenantes pour faire avancer les connaissances et la prise en compte des dimensions intangibles de la demande sociale en paysage. Ce thème demeure d’ailleurs peu discuté, dans la littérature comme dans la pratique, d’où son intérêt scientifique.
Les défis rencontrés dans la pratique seront abordés lors de présentations d’études de cas et d’expertises variées, de réflexions sur les outils et approches méthodologiques propices pour favoriser l’inclusion — notamment celle des groupes touchés par des enjeux de justice épistémique —, et pour tirer des leçons utiles au développement de nouveaux projets à travers le Québec.
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