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Laurence Dubuc : Université de Montréal
Cette communication vise à mieux comprendre la place, le rôle et les caractéristiques organisationnelles des initiatives portées par les artistes dans le monde des arts visuels au Québec. Ces initiatives, qui comprennent autant la mise sur pied de galeries gérées par des particuliers que de collectifs d’édition ou d’organisations autogérées accueillant des résidences et des expositions, se définissent comme des projets alternatifs plus ou moins éphémères qui répondent à des besoins spécifiques au sein des communautés artistiques et qui adoptent des structures variées sujettes à évoluer au fil du temps (espaces non-incorporés sur le plan juridique, OBNL, etc.).
La présentation s’appuie sur le récit analytique de la mise sur pied et de la transformation organisationnelle de la résidence montréalaise à but non lucratif Céline Bureau afin d’explorer les questions suivantes:
Pour répondre à ces questions, la communication se base sur les résultats d’une recherche menée en 2019-2020 sur le monde de l’art actuel à Montréal, ainsi que sur un entretien approfondi avec le cofondateur et codirecteur de Céline Bureau.
Les collectifs d’artistes constituent des entités dont l’action participe de manière importante à la vitalité culturelle d’une société. Les compagnies de théâtre ou de danse, les groupes musicaux autoproduits, les centres d’artistes autogérés, les maisons d’édition dirigées par des écrivains, pour ne donner que ces exemples, forment une constellation abondante et dynamique de la production artistique, au Québec comme ailleurs.
Or, ces organisations, souvent de taille modeste et caractérisées par une orientation résolument artistique – une logique de la création –, s’avèrent vulnérables et souvent marginalisées dans l’univers de la consommation culturelle, où d’autres logiques – commerciales, managériales, etc. – leur font face. En effet, ces collectifs de production artistiques rencontrent plusieurs défis afin de pérenniser et de soutenir leurs activités de création, parmi lesquels les décalages entre les logiques gestionnaires et artistiques, les injonctions administratives des subventionnaires ou les enjeux de la diffusion devant public. Quelles sont les tensions et les stratégies d’adaptation qui animent actuellement ces organisations?
Au Québec, le financement de la production culturelle est assuré en grande proportion par les subventions publiques. Dans les dernières années, et peut-être d’autant plus dans la foulée du renouvellement de la Loi sur le statut professionnel des artistes, les requêtes adressées aux collectifs d’artistes par les organismes subventionnaires ont impulsé de nouvelles pratiques administratives et ont potentiellement conduit à plusieurs transformations dans la culture de ces organismes. Que dit la réalité du terrain? Qu’en est-il hors du Québec?
Considérant également que les travailleurs, artistes et autres, de ces organisations assument les contrecoups de la précarité, de la fluidité ou de la vulnérabilité de leurs structures d’intégration professionnelle, ce colloque souhaite également interroger les réelles conditions de travail dans les secteurs de la production culturelle et artistique, explorant du même souffle les conséquences de ces conditions sur la production elle-même.
Ces enjeux, loin de concerner une portion marginale de la production de richesse sociale, ont un impact sur le rayonnement de la culture, sur l’éducation culturelle en général et sur l’état du dialogue social, influencé et nourri par la création de toutes les disciplines.
Tout en interrogeant les spécificités locales des dynamiques culturelles québécoises et canadiennes actuelles, le colloque demeure ouvert aux communications d’ici et d’ailleurs qui abordent les enjeux plus généraux soulevés par les collectifs d’artistes à l’échelle internationale et dans la longue durée.
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