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Patrick Marmen : Ville de Montréal
Dans la foulée de l'adoption, en 2019, de l’Agenda montréalais 2030 pour la qualité et l’exemplarité en design et en architecture, le Bureau du design de la Ville de Montréal en collaboration avec ses partenaires internes et externes, a entrepris une série d’initiatives visant à mobiliser les acteurs de l’aménagement des espaces industriels montréalais autour d’objectifs de qualités paysagères. Prenant appui sur cette démarche, le secteur du Canal de Lachine a fait l’objet d’un travail plus détaillé visant le développant d’une vision qualitative de son aménagement. Berceau de l’industrie au Canada, les berges et les abords du canal de Lachine ont connu un important processus de revalorisation à travers la réalisation d’une série de projets publics et privés à vocation récréotouristique et résidentielle, qui ont mené à la réappropriation des espaces laissés vacants par le départ des anciennes industries. Aujourd’hui, la présence d’espaces à vocation économique à forte proximité du centre-ville est en cours de réappréciation. Dans un objectif de soutenir la présence d’un pôle d’emploi le long du Canal de Lachine, la Ville de Montréal a lancé l’initiative du corridor industriel du Canal de Lachine 4.0 dont l’objectif est de redéfinir la vocation des espaces industriels afin d’attirer une nouvelle génération d’entreprises ainsi que de travailleurs et travailleuses. En parallèle à l’élaboration de la vision économique, un processus de concertation et d’idéation a été lancée afin d’identifier les valeurs paysagères qui soutiennent cette initiative et définir des stratégies d’aménagement basées sur la mise en valeur des caractères identitaires dominants. La présentation retracera les différentes étapes de cette démarche de mobilisation et ses résultats.
La rhétorique à l’égard de l’action paysagère s’est transformée au cours des dernières décennies, faisant passer le paysage d’un objet réservé aux experts à un objet démocratique. Dans la foulée de l’expression croissante des sensibilités sociales envers le paysage, le Québec a été témoin d’une pluralité d’initiatives innovantes adaptées aux spécificités locales et régionales.
Des acteurs se rassemblent : pour la protection et la valorisation des paysages, en réponse aux pressions multiples induites; pour envisager l’action paysagère comme une contribution au sentiment d’appartenance et de fierté, au bien-être des individus et des communautés. La reconnaissance du caractère relationnel du paysage nécessite ainsi une compréhension fine de ces composantes intangibles. Par exemple, les enjeux liés aux changements climatiques entraînent de vives préoccupations sociales envers la qualité des paysages et des cadres de vie. Or, si le milieu municipal se dote de plus en plus d’outils pour considérer les composantes tangibles des paysages (ex. : caractéristiques physico-spatiales), la prise en compte des valeurs intangibles reste un défi. L’absence de considération à leur égard peut entraîner des conséquences bien réelles au sein des communautés, pouvant conduire à l’émergence de tensions, voire d’épisodes de conflit. Il est dès lors essentiel de réfléchir collectivement aux manières de révéler ces valeurs pour ensuite les mobiliser dans l’action.
La prise en charge de ces enjeux implique une multiplicité d’acteurs du territoire, du citoyen, aux experts, aux élus. La perspective partenariale doit donc être au cœur de la réponse à apporter à ces défis d’envergure. C’est dans cette optique que la CPEUM a créé le projet d’atlas social des paysages et des territoires pour le Québec. Cette démarche et certains résultats seront présentés et mis en dialogue avec les travaux d’autres parties prenantes pour faire avancer les connaissances et la prise en compte des dimensions intangibles de la demande sociale en paysage. Ce thème demeure d’ailleurs peu discuté, dans la littérature comme dans la pratique, d’où son intérêt scientifique.
Les défis rencontrés dans la pratique seront abordés lors de présentations d’études de cas et d’expertises variées, de réflexions sur les outils et approches méthodologiques propices pour favoriser l’inclusion — notamment celle des groupes touchés par des enjeux de justice épistémique —, et pour tirer des leçons utiles au développement de nouveaux projets à travers le Québec.
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