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Lucile Dartois : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans les dernières décennies, le champ de la prévention de l’extrémisme violent s’est largement développé à l’échelle mondiale. Au Québec, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), fondé en 2015, a initialement adopté une typologie en quatre catégories pour décrire les mouvances concernées par le processus de radicalisation, soit: extrême droite, extrême gauche, extrémisme politico-religieux et extrémisme à cause unique.
Pour répondre à des doutes soulevés par les équipes de terrain concernant la pertinence de cette typologie en contexte de prévention, l’équipe de recherche du CPRMV a développé une approche multidimensionnelle des idéologies extrémistes. Plus précisément, nous proposons cinq dimensions visant à explorer les nuances, les dynamiques et les interconnexions entre les différentes facettes des idéologies extrémistes: dimensions socioéconomiques ; religieuses et spirituelles ; ethnonationales ; liées au genre et à la sexualité ; liées à l’autorité et à l’autonomie individuelle.
Dans la présentation, on donne à voir le cheminement du travail de réflexion en abordant dans un premier temps les limites d’une typologie classique, puis les intérêts d’une approche multidimensionnelle des idéologies extrémistes. L’interface est ici un support pour penser la catégorisation des extrémismes et, plus précisément, pour appréhender les frontières floues et dynamiques entre les systèmes de croyances.
L’intégration des expertises disciplinaires dans l’étude des problèmes sociaux est aujourd’hui indispensable au vu non seulement de leur complexité et de leur singularisation croissantes (Otero, 2013), mais des réductionnismes, raccourcis, déplacements, recadrages, amalgames et intensifications qui les alimentent à l’ère d’une montée des populismes et des polarisations (politiques, morales, culturelles, économiques, identitaires, etc.). Par ailleurs, il est essentiel d’examiner comment la multiplication des efforts de reconnaissance de la diversité des formes vécues des problèmes sociaux (distorsions, colères, haines, intimidations, indignités, dysrégulations, dépendances, épuisements, invalidations, fragilisations, épreuves, manques, etc.) est associée à de nouvelles manières de comprendre, de soutenir et d’améliorer, mais également de surveiller, de favoriser et de punir.
L’interface comme concept ouvre une voie particulièrement féconde pour appréhender les problèmes sociaux et les problématisations du social dans un monde différencié, médiatisé, déhiérarchisé, détraditionnalisé, émotionalisé et précarisé où les tensions, paradoxes et contradictions sont de plus en plus incarnés et problématisés à travers une multitude de projections. Une interface est une relation, un lien, un pont, ou une jonction qui permet une connexion signifiante entre des éléments dissemblables. Elle est également la limite, la frontière, la clôture ou l’obstacle qui génère la distance dont dépend la circulation productive de signes.
Ce colloque est l’occasion de réfléchir ensemble aux tensions contemporaines et à ce qu’elles génèrent, y compris les tensions entre les regards disciplinaires, entre les angles de problématisation, et entre les manières de situer et d’incarner les problèmes. Nous assisterons à la présentation de problématisations et de problématiques actuelles et actualisées autour de thèmes tels que l’intimité, le travail, l’extrémisme, la vaccination, le contrôle et la surveillance, les psychotropes, les dépendances, l’anxiété, la construction des problèmes sociaux, le vieillissement et les jeunes vivant un premier épisode psychotique.
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