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Résonances situées : Décoloniser l’écoute et les performances poético-musicales

kD

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kristine Dizon : Université Concordia

Résumé de la communication

La recherche de Kristine Dizon remet en question les cadres eurocentriques du son et de la recherche-création en adoptant des méthodologies d’écoute décoloniales. Son travail examine la manière dont le son construit l’identité et interroge les biais coloniaux dans les compositions poético-musicales. En s’appuyant sur des théoriciens tels qu’Anzaldúa, Lugones et Mignolo, elle repositionne la recherche-création comme un outil épistémique de transformation.

Ses recherches explorent comment la race, le genre et les hiérarchies sociales influencent l’écoute. En analysant des performances de spoken word, des enregistrements sonores historiques et des compositions contemporaines, elle met en lumière la manière dont les épistémologies dominantes réduisent au silence les voix marginalisées. Parmi les études de cas figurent "It’s Nation Time" d’Amiri Baraka, la poésie sonore de Kaie Kellough et les pratiques sonores autochtones qui remettent en cause les normes auditives coloniales.

Dizon utilise des études empiriques sur l’écoute, l’analyse d’archives et la recomposition créative pour développer des cadres d’écoute participatifs. Son travail contribue à la décolonisation de la recherche-création en défendant des méthodologies qui privilégient les épistémologies du Sud global, amplifient les récits marginalisés et remettent en cause les hiérarchies sonores coloniales. Cette approche redéfinit la recherche-création comme un acte de désobéissance épistémique et de changement social.

Résumé du colloque

Ce colloque réexamine les paradigmes dominants de la recherche-création, encore largement ancrés dans une épistémologie eurocentrée, en développant une méthodologie décoloniale valorisant les savoirs du Sud global. Nous mobilisons des approches féministes et épistémologiques décoloniales, en nous appuyant sur les travaux de Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, Chandra Talpade Mohanty, bell hooks et Françoise Vergès. Bien que la recherche-création, développée en Occident depuis les années 1990 (Borgdorff, Chapman et Sawchuk), ait souvent exclu les perspectives du Sud global, des critiques (Mignolo, Smith, Loveless) appellent à repenser cette approche en reconnaissant les dynamiques coloniales. Ainsi, le colloque s’articule autour de deux axes :

  1. Fondements théoriques et pratiques : Nous analyserons comment les épistémologies du Sud global enrichissent et redéfinissent la recherche-création en remettant en question les récits eurocentrés et les structures coloniales de production des savoirs.
  2. Perspectives collaboratives et communautaires : Nous mettrons en lumière des initiatives du LabARD telles que l’écoute participative décoloniale et l’exploration des expériences diasporiques, lesquelles amplifient les voix marginalisées et les transforment en discours reconnus dans les épistémologies occidentales.

Ce colloque vise à élargir les horizons méthodologiques et épistémologiques de la recherche-création, en valorisant des pratiques collectives et participatives. En encourageant la création de nouveaux discours par la désobéissance épistémologique, il redéfinit la recherche-création comme un outil de transformation sociale, épistémique et politique. Le manque de littérature francophone sur la recherche-création décoloniale souligne l’urgence de créer un corpus valorisant ces savoirs. Inscrit dans la mission du LabARD de décolonialiser les savoirs et pratiques artistiques, ce colloque comble ce vide universitaire et crée un espace de dialogue entre chercheur·ses, artistes et communautés.

Le colloque répond à l’urgence de décolonialiser les approches scientifiques et artistiques dans le milieu universitaire francophone, historiquement dominé par une épistémologie eurocentrée qui a longtemps marginalisé les savoirs du Sud global et les perspectives féministes décoloniales. En ce sens, il vise à repenser en profondeur les fondements théoriques et pratiques de la recherche-création.

En mobilisant des figures majeures comme Gloria Anzaldúa, Maria Lugones, bell hooks, Chandra Talpade Mohanty et Françoise Vergès, ce colloque instaure une rupture épistémique avec les récits dominants, remettant en cause les hiérarchies de pouvoir dans la production et la légitimation des connaissances. En s’appuyant sur les épistémologies du Sud global, il enrichit et redéfinit la recherche-création en intégrant des savoirs historiquement marginalisés, tout en remettant en question les structures coloniales persistantes.

Contexte

Discutant-e- de la session : Monia ABDALLAH kristine Dizon
section icon Date : 7 mai 2025

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