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Sarah Dufour : Université de Montréal
Le programme à l’éducation préscolaire privilégie une approche s’appuyant sur le développement global de l’enfant (MEQ, 2023). Cela implique, entre autres, qu’il faut considérer le développement de l’enfant dans son ensemble, sans se centrer sur l’apprentissage d’un contenu spécifique. La didactique des mathématiques, bien que liée à une discipline en particulier, peut également adopter cette perspective pour s’aligner avec les fondements d’un tel programme. Avec une visée de mieux comprendre les raisonnements mathématiques mis en œuvre par les enfants du préscolaire (Dufour et Julien, à paraître) et du primaire (Bisaillon, Dufour et Jeannotte, 2023), nous nous intéressons, plus particulièrement, à la façon dont ces raisonnements prennent forme dans l’action. Pour ce faire, nous nous appuyons sur un modèle du raisonnement mathématique développé par Jeannotte (2015). Jeannotte (2015) définit le raisonnement mathématique comme une activité de communication avec les autres ou avec soi-même et elle met de l’avant deux aspects : structurel et processuel. Dans cette présentation, c’est ce dernier aspect qui sera mis en lumière. Nous souhaitons ainsi montrer, à partir d'observations d'enfants de maternelle, comment différents processus de raisonnement mathématique se déploient et comment ils contribuent à au développement cognitif de l'enfant, allant au-delà de la simple perspective mathématique disciplinaire.
Depuis les années 1970, d’importantes réflexions ont lieu au Québec entourant les services éducatifs offerts aux enfants de 0 à 5 ans. D’abord, en ce qui concerne la maternelle, c’est en 1981 que le ministère de l’Éducation publie un premier programme d’éducation préscolaire au Québec. Celui-ci préconise une approche développementale plutôt qu’une approche scolarisante (Ministère de l’Éducation du Québec, 1981). Le programme de 1981, tout comme ceux de 1997 et de 2001, encourageait les personnes enseignantes à se centrer sur l’enfant, ses besoins et ses intérêts, plutôt qu’à se centrer sur des enseignements formels et explicites. Pourtant, sur le plan de la recherche en éducation à la petite enfance, les personnes chercheuses sont plutôt divisées (Capuano et coll., 2014; Little et Cohen-Vogel, 2016; Marinova et Drainville, 2019; Marinova et coll., 2020). Ce constat se reflète également chez les personnes enseignantes à l’éducation préscolaire (maternelle 4 et 5 ans). En ce sens, une recherche de Marinova et Drainville (2017) a montré qu’elles ressentiraient de fortes pressions pour mettre en place des pratiques qui seraient plutôt associées à une approche scolarisante. Ensuite, en ce qui a trait aux centres de la petite enfance, Roy-Vallières (2024) a démontré que la situation serait similaire à celle observée à l’éducation préscolaire. En effet, des résultats de cette recherche indiquent qu’il y aurait peu de différences entre le contexte de la maternelle 4 ans et celui des centres de la petite enfance concernant la qualité des orientations pédagogiques du personnel éducateur. Cette ambivalence entre les approches aurait des répercussions sur la réussite éducative des enfants alors que des travaux mettent de l’avant l’importance d’une approche développementale (Bernier et coll., 2017; Marinova et coll., 2024). Étant donné ces différents constats, que nous apprennent les recherches les plus récentes dans le domaine de la petite enfance (0 à 8 ans) au sujet des approches à préconiser?
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