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Aya Bouebdelli : Université de Montréal
La production d'un texte écrit est une tâche complexe impliquant divers aspects pour assurer sa qualité, dont les choix lexicaux. Au Québec, le critère « vocabulaire » représente, au primaire, 20 % de la note en écriture (MÉQ, 2012). Pourtant, la recherche démontre que l'enseignement lexical est peu présent dans les classes, ce qui nous amène à nous interroger sur la pertinence des indicateurs du ministère utilisés par les enseignant·es pour évaluer le vocabulaire en écriture, ceux-ci demeurant flous et imprécis.
Bien que peu d’études se soient intéressées aux annotations des enseignant·es en lien avec le vocabulaire au primaire, celles-ci demeurent peu systématiques et souvent vagues dans les classes de français au secondaire (Anctil, 2011), offrant peu de pistes aux apprenant·es pour la correction. Ces constats témoignent d’un besoin chez les enseignant·es, qui souhaitent porter un jugement plus éclairé sur le vocabulaire dans les textes des apprenant·es.
Cependant, peu d’outils sont disponibles pour les aider à évaluer ce critère et à formuler des rétroactions, une tâche souvent perçue comme complexe. Face à ces constats, nous souhaitons développer et tester une grille de correction auprès d’enseignant·es du primaire. Nous réfléchissons à la nécessité d’affiner les indicateurs du MÉQ afin de soutenir les enseignant·es dans l’évaluation plus objective du vocabulaire des apprenant·es et la formulation de rétroactions visant à améliorer la dimension lexicale de leurs textes.
Apprendre à écrire est un facteur important pour la réussite scolaire et, ultimement, pour l’épanouissement des citoyennes et citoyens au sein de la société (Spinillo et Sotomayor, 2023). L’écriture permet non seulement de communiquer avec ses pairs, mais aussi de diffuser ses idées, de défendre ses opinions, d’informer la population et d’inventer des histoires (Graham et Harris, 2019). Or, atteindre une certaine expertise scripturale ne se fait pas en un jour, comme en témoignent, année après année, les taux de réussite aux épreuves certificatives d’écriture au secondaire et au postsecondaire (Boivin et coll., 2022; Dion-Viens, 2024; Morasse, 2022). Du point de vue cognitif, écrire serait « la plus coûteuse des activités mentales humaines » (Favart et Olive, 2005, p. 278), en raison notamment de la gestion en mémoire des différents traitements nécessaires à l’élaboration du contenu, aux choix lexicaux, syntaxiques et orthographiques, et à la mise en œuvre de stratégies rédactionnelles (Alarmargot et Chanquoy, 2011; Berninger et Amtmann, 2003; Berninger et Winn, 2006; Dabène, 1995). Du point de vue affectif, les élèves n’entretiennent pas tous un rapport positif à l’écriture, ce qui nuit à leur engagement dans cette tâche (Barré-de-Miniac, 2015; Chartrand et Blaser, 2008). En effet, leur motivation à écrire et leur sentiment de compétence en écriture déclinent significativement au fil de leur scolarité, notamment lors de la transition du primaire vers le secondaire (MEESR, 2015, p. 66). Pour le corps enseignant, ces aspects cognitifs et affectifs, conjugués aux attentes élevées de la société envers la maîtrise de la langue et à l’évolution des pratiques d’écriture numérique, font en sorte que l’évaluation de l’écriture vient avec un lot considérable d’enjeux didactiques. Ce colloque portera un regard actuel sur l’évaluation de l’écriture en croisant les constats issus des plus récents travaux de recherche grâce à des contributions ancrées dans divers milieux scolaires.
Cette 2e édition du colloque sur le thème de l’évaluation de l’écriture se veut une occasion de réunir des contributions de recherches ancrées dans deux axes principaux.
Axe 1 : Portrait des pratiques actuelles d’évaluation de l’écriture du préscolaire à l’université (recensions, sondages, observations, récits de pratique, etc.).
Axe 2 : Innovations en évaluation de l’écriture émergeant, entre autres, de projets de recherche-action, de recherche-développement ou de recherche quasi expérimentale.
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