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Julie Landour : Université Paris Dauphine-PSL
En 2023, le gouvernement français alors en place a imposé une nouvelle réforme paramétrique de la retraite, déplaçant l’âge légal de liquidation des droits à la retraite de 62 à 64 ans pour l’ensemble des travailleurs français, à l’exception de celles et ceux qui parviennent à accéder au dispositif de « carrières longues ».
Cette réforme intervient dans un contexte de forte dégradation des conditions de travail en France, à des niveaux nettement plus marqués que dans d’autres pays d’Europe. Comment les travailleurs et travailleuses envisagent-ils ce recul de leur départ à la retraite ?
Pour le comprendre, je propose dans cette communication de présenter d’abord les mesures qui encadrent en France l’emploi des personnes qui vieillissent sur le marché du travail. À la suite, à partir d’une enquête menée au printemps 2024 auprès de 27 personnes âgées de 40 à 50 ans, je présenterai d’abord la manière dont est envisagée l’allongement de la durée de vie active, puis les tactiques, éminemment individuelles, mises en place pour y faire face.
Le modèle socioéconomique du cycle de vie classique est composé de trois âges de la vie (jeunesse, âge adulte et vieillesse) où chaque période est traditionnellement associée à une activité donnée. La jeunesse serait le temps de la formation, l’âge adulte celui de l’activité professionnelle, et la vieillesse celui de la retraite. Les politiques publiques et les normes sociales travaillaient alors de concert pour consolider cette conception ternaire et linéaire des parcours de vie. Cette conception est aujourd’hui en mutation sous l’influence de différentes pressions démographiques, sociales et économiques. Par exemple, la récente crainte à l’égard des pénuries de main-d’œuvre au Québec a mené à l’apparition de débats sur le travail des jeunes et sur le prolongement de la vie active des aînés, tout autant que des interventions gouvernementales visant à encourager ces dynamiques.
Au début des années 2000, le gouvernement québécois s’est en effet distingué par la mise en place de deux politiques encadrant son action : la première auprès de la « jeunesse », avec la Politique québécoise de la jeunesse, et la deuxième en modifiant son approche envers les personnes âgées par la mise en place d’une politique de vieillissement actif.
Ce colloque vise donc à analyser la manière dont le contexte du Québec permet d’interroger cette approche du modèle socioéconomique des cycles de vie.
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