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Jean-François Fleury : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
L’enseignement-apprentissage de l’orthographe lexicale implique des pratiques d’évaluation permettant de planifier des interventions ciblées et de suivre les progrès des élèves en difficulté en production de textes (Berninger, 2013; Razak et al., 2021). Selon ces auteurs, cela est fondamental en contexte de rééducation de l’orthographe lexicale auprès d’élèves dysorthographiques de 9-12 ans. Or, avoir accès aux stratégies des élèves est complexe en production de textes, car ils sont souvent en surcharge cognitive. Cette communication présente des résultats préliminaires d’une recherche descriptive visant à évaluer leurs progrès en orthographe lexicale, sur le plan des stratégies déployées, à la suite d’un programme d’intervention orthopédagogique intégrant des aides technologiques (Fontaine, 2019). Elle vise à décrire la progression des stratégies orthographiques utilisées par deux cas contrastés d’élèves en contexte de rééducation. Avec le modèle de Seymour (2008), une analyse des stratégies déployées par ces élèves est réalisée avant et après le programme d’intervention grâce à une méthodologie qualitative basée sur le rappel stimulé qui donne accès à leurs stratégies verbalisées. Des résultats mettent en lumière leur progression dans l’utilisation de diverses stratégies en orthographe lexicale. Les apports de cette pratique d’évaluation pour suivre les progrès de ces élèves en orthographe lexicale afin de planifier des interventions ciblées sont discutés.
La maîtrise de l’orthographe demeure difficile pour bon nombre d’élèves du primaire et du secondaire. Les erreurs d’orthographe figurent, par ailleurs, parmi les plus nombreuses dans les productions des élèves (Boivin et Pinsonneault, 2018). En milieu scolaire, le temps imparti à l’enseignement-apprentissage de l’orthographe est considérable. Si l’écriture ne se réduit évidemment pas à l’orthographe, des difficultés dans ce domaine peuvent toutefois nuire à la fluidité de l’écriture et, plus largement, aux autres sphères du processus d’écriture. En effet, puisque plusieurs processus cognitifs sont impliqués dans l’acte d’écrire, certains doivent être automatisés, notamment l’orthographe, pour que le scripteur puisse se concentrer sur d’autres processus « de plus haut niveau », comme l’élaboration des idées (Hayes et Flower, 1980; Labrecque, 2011; Treiman et coll., 2019). En outre, les élèves en difficulté en orthographe se retrouvent souvent en insécurité linguistique puisque l’orthographe est hautement valorisée dans la société (Sautot, 2001). Le « bon texte » est souvent vu comme un texte dépourvu d’erreurs orthographiques. Les élèves en difficulté en orthographe, dans une vaine tentative d’éviter les erreurs, vont alors écrire des textes simples, très courts (Astolfi, 2014). Or, en écrivant peu, ces élèves ne peuvent améliorer leur compétence orthographique. Il devient donc prioritaire de les aider à développer leur performance orthographique, tant lexicale que grammaticale. Comment aider les élèves en difficulté à améliorer leur performance orthographique? Comment les évaluer de façon optimale pour guider les interventions? Ce colloque vise à créer un espace de réflexion concernant les pratiques évaluatives et remédiatives auprès des élèves en difficulté en orthographe. En abordant cette thématique, nous pourrons mieux orienter les actions présentes ou futures, en pratique comme en recherche.
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