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Valérie Vermeulen : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les crises sanitaires sont souvent perçues comme des événements purement médicaux. Pourtant, leurs causes et leurs effets dépassent largement le cadre de la santé publique : pollution de l’air, îlots de chaleur urbains, accès inégalitaire aux soins, autant de facteurs qui s’entrelacent pour alimenter des vulnérabilités systémiques. Malgré cela, les stratégies de gestion restent souvent cloisonnées, freinées par une segmentation institutionnelle et un manque de collaboration entre disciplines.
À travers des exemples concrets et des témoignages d’expert.e.s oeuvrant dans le domaine de la sécurité civile, nous verrons comment une approche intégrée permettrait une meilleure anticipation des crises sanitaires, qui pourrait aider à réduire certains risques. Le Pecha Kucha suivra un fil narratif en quatre temps :
1. Perception et sous-estimation de certains risques sanitaires (ex. canicules, pollution de l’air).
2. Limites d’une gestion fragmentée des crises.
3. Intérêt d’une approche interdisciplinaire pour optimiser la gestion des risques.
4. Pistes concrètes pour renforcer la résilience via la collaboration d’expertises variées.
Cette présentation invite à repenser la gestion des crises sanitaires sous un prisme élargi, intégrant l’interdisciplinarité comme vecteur d’une meilleure préparation aux risques.
Parmi les grands apprentissages de l’expérience de la pandémie de covid-19, le manque de préparation en amont de la crise est fréquemment cité dans les rapports de leçons apprises et recommandations produits sur la crise. En cette ère de polycrises où celles affectant la santé sont appelées à augmenter en nombre, en intensité, en complexité et en simultanéité, à un moment où les ressources sont de plus en plus limitées, nous sommes confrontés collectivement à un enjeu d’efficacité face aux défis actuels et des prochaines années, qui risquent de dépasser nos capacités à y répondre.
Le milieu de la recherche réfléchit aux moyens d’être plus efficaces pour contribuer à la prévention et à la réponse aux crises. S’il veut produire de nouvelles connaissances pertinentes, le secteur de la recherche doit mieux s’organiser, se doter de processus et de structures accélérant sa mise en place et améliorer le transfert des connaissances auprès des décideurs, du réseau de la santé et des services sociaux et ses partenaires de la communauté et de la société civile. Plusieurs questions se posent. Comment attribuer rationnellement les ressources financières pour soutenir des projets prioritaires? Comment éviter les coûteuses duplications de projets ou, au contraire, les angles morts dans le développement des connaissances? Comment la recherche peut-elle optimiser, mobiliser les différentes expertises, savoirs et connaissances existants qui sont nécessaires pour anticiper les menaces? Comment peut-elle répondre aux besoins des gestionnaires des crises et de la population dans des visées systémiques, systématiques et intersectorielles? Ce colloque propose d’explorer les modalités, expériences et connaissances développées sur la mobilisation des savoirs intersectoriels (santé, société et culture, nature et technologies) ainsi que les savoirs patients, citoyens, communautaires en préparation de crise pour mieux comprendre comment la recherche peut mieux participer au « se préparer ensemble ».
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