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Cheminer dans la plénitude du sens (IH) par une voie psychagogique favorisant la conciliation des opposés.

SB

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Suzanne Blouin : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

À l’aune de la théorie des structures anthropologiques de l’imaginaire (G. Durand, 2016), l’emphase sur l’IA au détriment de l’IH peut être comprise comme un surinvestissement de la pensée dans le régime diurne de l’image symbolique, fait d’une volonté de toute-puissance sous l’égide de la raison et de l’empirisme comme valeurs absolutisées. Ce déséquilibre prive nos sociétés d’une part de la nature humaine en atrophiant la créativité du régime nocturne de l’image où l’équivocité et l’intuition permettent un regard complémentaire sur la vie. Omniprésente dans l’éducation comme dans la société occidentale, cette tendance à la réduction de la personne à sa performance et sa productivité peut cependant être tempérée par une approche du cheminement faisant appel à une troisième voie, transdisciplinaire, où les opposés sont conciliés sans s’anéantir : la psychagogie des valeurs de Laprée (2000) avec notamment l’appui du test At.9 (Y. Durand, 1988). En accompagnement du personnel éducatif (Blouin, 2024) et des jeunes (Laprée et Blouin, 2020), la psychagogie facilite un retour vers la plénitude de soi, actualisant le potentiel humain de sagesse via la structure systémique/synthétique de l’imaginaire. Ainsi, la psychagogie offre un processus pour cultiver sens et équilibre, en soutien au déploiement collaboratif de l’intelligence humaine.

Résumé du colloque

Ce colloque réunit, dans une perspective transdisciplinaire, des spécialistes de sciences humaines et sociales impliqués dans l’évolution de l’intelligence humaine (IH) en contexte IA. Nous plaçons l’échange sous le signe des réalisations en recherche et en enseignement, dont les applications concrètes relient l’université, les collectivités et la société. Le développement de l’IH est loin de susciter le même intérêt et d’engager les mêmes ressources que l’IA, face à laquelle elle se place, sans s’y opposer nécessairement (Barad, Vitali-Roseti). L’IA est institutionnalisée, avec statut de discipline autonome, bénéficiant de ressources substantielles. En revanche, l’IH – aspect fondamental de l’humain – demeure un thème étudié de manière transversale depuis différents champs de savoir, sans bénéficier des avantages réservés à l’IA (Detterman). Nous nous proposons de comprendre cet état de choses en partant du concept moins étudié de l’exosomatisation, processus par lequel l’humain externalise ses attributs et facultés hors corps, dans des objets technologiques (Stiegler, Lotka). Dans le passage du corps humain à la machine, l’IH change de statut. Les outils de la transdisciplinarité, notamment la pensée complexe (Morin) et les niveaux de réalité (Nicolescu), font voir que l’IH n’est plus la voie principale de transposition du Réel, mais un attribut dont la machine copie une partie, que l’on déclare suffisante et à laquelle l’humain se rapporte dorénavant. L’exosomatisation de l’intelligence certifie la refabrication du Réel (Nicolescu, Sadin), où l’origine s’efface, nous plaçant constamment dans la copie d’une copie. Comment l’humain peut-il y demeurer créatif? Quelles actions concrètes permettent le développement de l’IH en contexte IA, dans nos cours, recherches ou initiatives citoyennes? Qu’est-ce qui constituerait un « apprentissage profond humain »? Quels effets sociaux, culturels, politiques et écologiques aurait un développement paritaire de l’IH et l’IA?

Contexte

section icon Date : 8 mai 2025

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