Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Eve Lefebvre : Université de Montréal
Un nombre grandissant d’études (p. ex., Gillespie-Lynch et al., 2017; Pellicano et den Houting, 2021) s’est intéressé à l’implication authentique dans la recherche en autisme, en réaction à la majorité des écrits s’appuyant sur les perspectives de l’entourage plutôt que celle de la personne autiste elle-même. Cette proposition abordera les enjeux méthodologiques émergents de la tension entre la perspective inclusive (Poulin et al., 2023) et les contraintes universitaires (Connolly, 2020). Nous nous appuierons et présenterons la méthodologie coconstruite dans le cadre de notre thèse (Lefebvre, 2024) avec douze personnes autistes engagées dans des études collégiales et universitaires au Québec. La coconstruction du savoir (Thériault, 2019) a été réalisée à différentes étapes de la recherche en s’inspirant des réflexions de Connolly (2020), étudiant autiste au doctorat: conception méthodologique, recrutement, coconstruction des données, analyse de celles-ci, diffusion des résultats de recherche. Notre méthodologie met en lumière le potentiel émancipateur de la coconstruction avec les personnes autistes participant elles-mêmes au processus de recherche, dans une visée de production de savoir ancré dans leur expérience vécue.
La Convention relative aux droits de l’enfant de l’UNICEF (1989, ratifiée par le Canada en 1991) reconnaît le droit de chaque enfant et jeune « de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant » (articles 12 et 13). La recherche en éducation inclusive reconnaît l’importance capitale de faire une place à la « voix » des jeunes.
Récemment, des chercheur·ses ont exploré les enjeux méthodologiques et éthiques liés à leur implication dans les recherches (Odier-Guedj et Chatenoud, 2024), ainsi que les différentes formes de participation et leurs divers niveaux de contribution tout au long du processus de recherche (Fournier, Dubé et coll., 2024). Par exemple, en tant que cochercheur·ses, les jeunes peuvent apporter une validité dans le codéveloppement et l’évaluation même du contenu produit (Beaupré et coll., 2017; 2024; Letscher et coll., 2024). De plus, leur voix peut offrir des rétroactions précieuses et ainsi contribuer à l’évolution des pratiques (Röhl et Gärtner, 2021).
Malgré cette reconnaissance croissante, des défis persistent quant à la participation effective des jeunes et de leur famille dans la recherche. Dans une optique de recherche collaborative-participative, comment peut-on s’assurer de rendre justice à la voix des jeunes et de leur famille? Quels outils peuvent être utilisés pour s’assurer de l’accessibilité du processus de recherche et de la collecte aux jeunes? Comment rendre la recherche en éducation plus inclusive? Cette proposition de colloque s’inscrit donc dans cette perspective qui valorise la voix des jeunes et plus largement dans la thématique du Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (Lisis, Québec et Suisse) sur « la voix des jeunes et de leur famille, de l’entrée à l’école à l’insertion sociale et professionnelle ».
Titre du colloque :
Thème du colloque :