pen icon Colloque
quote

Création d'un bureau de responsabilité sociale dans la formation en sciences infirmières pour un changement durable

AB

Membre a labase

Anne-Laurie Beaubrun : Université McGill

Résumé de la communication

Le racisme et la discrimination existent dans les systèmes de santé. Des initiatives comme le Principe de Joyce conduisent au changement, appelant à l'humilité culturelle, à la sécurité et l'éducation dans les soins de santé. Récemment, des institutions universitaires ont élaboré des plans stratégiques en équité, diversité, inclusion et antiracisme dans le contexte d’un dialogue mondial sur ces enjeux. Elles se sont engagées dans un processus de vérité et réconciliation, notamment en réponse aux 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Parallèlement, l’Association canadienne des écoles de sciences infirmières a publié des normes en matière d’humilité culturelle et de sécurité culturelle dans la formation infirmière.
Nous proposons une réflexion sur notre expérience liée à la création d’un bureau en responsabilité sociale, en tant qu’infirmières, enseignantes et directrice inaugurale, dans une institution universitaire de renommée internationale. Nous évoquerons les défis liés à l’arrimage entre les orientations stratégiques et leur mise en oeuvre ainsi que le manque de clarté du mandat de ces bureaux au sein d’organigrammes complexes, rendant leur implantation difficile et leurs efforts vulnérables.
Nous soutenons que pour une implantation durable et cohérente de principes de justice sociale dans les programmes de formation, les bureaux en responsabilité sociale doivent être dotés d’un mandat transversal clairement défini.

Résumé du colloque

Avec la montée du néolibéralisme et la prédominance de la logique marchande dans tous les domaines de la vie sociale, la promotion des valeurs de liberté et de pluralisme, mais aussi d’autonomie, de responsabilité et de justice sociale, s’opérationnalise de plus en plus à travers le langage de la diversité qui agrège progressivement de nouveaux thèmes tels que l’« inclusion » et l’« équité ». Malgré le caractère positif et consensuel des grammaires institutionnelles qui composent les initiatives étiquetées « équité, diversité et inclusion » (EDI), des travaux s’inscrivant dans le champ des approches critiques de la diversité apportent des éclairages permettant d’analyser les dimensions discursives, idéologiques et organisationnelles des politiques d’EDI comme étant constitutives de la gouvernementalité néolibérale des institutions publiques.

Ce champ d’investigation dynamique est d’ailleurs en développement dans la littérature anglophone, mais aussi de plus en plus dans les sphères transnationales et éducatives. Les références aux politiques d’EDI opèrent comme justification permettant une institutionnalisation pérenne ou, à tout le moins, durable d’un ordre social discriminatoire et dont la reproduction affecte les espaces institués de résistance, voire de remédiation. Il importe donc de comprendre comment les discours de la diversité permettent d’expliquer l’exercice quotidien des discriminations dans les sphères éducatives. Également, de quelles visions et représentations se nourrissent-ils? Quels sont les enjeux et les défis face à la mise en œuvre des politiques étiquetées EDI dans les institutions éducatives? Comment ces dispositifs s’intègrent-ils au langage et aux discours aspirationnels de l’égalité des chances? Quels en sont les écueils et les contradictions? Comment les individus et les groupes catégorisés comme « issus de la diversité » appréhendent-ils les dispositifs qui les visent?

Contexte

Discutant-e- de la session : Marlène Larochelle Karine Fofou
section icon Date : 8 mai 2025

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :