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Julie Ruel : UQO - Université du Québec en Outaouais
Depuis quelques années, les organisations adoptent l’écriture inclusive, aussi appelée égalitaire, épicène, non sexiste, dégenrée ou neutre. Les pratiques d’écriture inclusive visent à féminiser ou à rendre neutre la langue française afin que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin (Brunet, 2022). Or, il n’y a pas de consensus sur les règles à suivre (Dister et Moreau, 2024). La pratique des doublets abrégés avec point médian (ex. étudiant·e·s) est retenue par plusieurs organisations. On fait même souvent un amalgame entre écriture inclusive et l’utilisation des points médians, les deux étant perçues par plusieurs comme des synonymes. Or, cette utilisation n’est pas recommandée par des instances officielles comme l’Office québécois de la langue française (Girard, 2024). De plus, cette pratique soulève des inquiétudes sur le plan de la lisibilité et de l’accessibilité à l’information pour plusieurs groupes de la population, dont les personnes en situation de handicap ou faibles lectrices (Brunet, 2021). Un besoin de s’appuyer sur des connaissances scientifiques ou empiriques est exprimé par les organisations. En collaboration avec Santé publique France, la conférencière travaille à une 2e édition du Guide « Communiquer pour tous » qui va en ce sens. Comment écrire de façon inclusive et respecter les grandes lignes du langage clair? La communication présentera des données récentes sur l’écriture inclusive et proposera des réponses à cette question.
L’Organisation mondiale de la santé (2024) définit la littératie en santé comme « les connaissances et les compétences personnelles acquises au fil des activités quotidiennes, des interactions sociales et des générations […] véhiculées par les structures et les ressources disponibles qui permettent d’accéder aux informations et aux services, de les comprendre, de les évaluer et de les utiliser afin de promouvoir et de préserver la santé ainsi que le bien-être pour soi-même et son entourage ». Étant donné que la plupart des gens gèrent leur santé à la maison et sans consulter un médecin, et que les membres de l’entourage font souvent office de soignants et de sources d’information, l’amélioration de la littératie en santé contribue aux soins personnels et communautaires.
La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la surcharge et la complexité de l’information sur la santé, soulignant l’importance de la littératie en santé. Plus précisément, un faible niveau de littératie en santé, des informations erronées et de la désinformation peuvent conduire à une non-adhésion aux mesures de santé publique, à une augmentation des maladies, des décès, des hospitalisations et, par conséquent, des coûts pour les systèmes de santé.
La qualité des informations fournies, leur complexité et la terminologie utilisée sont des facteurs importants qui ont un impact sur notre littératie en santé, notre capacité à prendre soin de notre santé et à naviguer dans le système de santé. Les interventions possibles pour renforcer les capacités en littératie en santé peuvent cibler : 1) des individus ou des groupes; 2) le réseau des individus, leur famille ou leurs proches (entourage); 3) le personnel de santé pour améliorer leurs compétences et les aider à modifier leurs pratiques; et enfin 4) les organisations et les institutions de soins de santé pour les aider à devenir « pro-littératie ».
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