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Éric Martial Owona : Université de Sherbrooke
L’engagement esthétique et l’art collaboratif offrent deux perspectives complémentaires pour penser l’expérience artistique en éducation. L’engagement esthétique, selon Berleant (2005), implique une interaction critique et sensible avec l’œuvre, où l’individu mobilise ses émotions et sa réflexion. L’art collaboratif , telle que développé par Bourriaud (1998), est conçu comme un espace d’échanges intersubjectifs, où l’œuvre d'art devient un support de relations humaines.
Cette étude vise à analyser comment l’esthétique relationnelle qui découle de ces deux approches, peut favoriser la reconnaissance et la compréhension de l’altérité culturelle en milieu éducatif. Par une méthodologie analytique et exploratoire, elle s’appuie sur l’examen d’expériences pédagogiques intégrant des pratiques artistiques collaboratives. L’hypothèse centrale est que l’interaction esthétique active contribue à une meilleure appréhension des différences culturelles, en créant des espaces de dialogue et de co-construction du sens. L’étude envisage ainsi montrer que l’intégration d’une démarche artistique collaborative en éducation peut renforcer la sensibilisation à l’altérité et encourager une approche plus inclusive des relations interculturelles.
À la lumière de l’orientation actuelle de l’école vers la formation de citoyennes et de citoyens plusieurs études se penchent sur la manière d’aborder dans les matières d’enseignement des thématiques cruciales telles que le racisme, la justice sociale, le nationalisme, les questions autochtones, le sexisme, etc. Ce type de préoccupation est devenu fondamental dans le cours d’histoire (Moisan et coll., 2022), de même qu’enseigner la géographie du point de vue socioterritorial, de la consommation et/ou de l’exploitation des ressources, de la diversité et/ou de l’autochtonie semble essentiel quant à l’apprentissage du monde social (Prévil et Arias-Ortega, 2021). L’éducation pour un avenir viable (voire pour une relation de solidarité avec tous les êtres vivants et non vivants, ainsi que pour une relation de responsabilité envers l’avenir de la Terre) nécessite également de dépasser les frontières d’une matière précise afin de permettre aux personnes enseignantes de participer, par leur intervention éducative, au changement du rapport des générations futures avec la planète (Massie et Boutet, 2023). Un processus de lecture/écriture peut ainsi impliquer la formation au vivre ensemble, soit la déconstruction des préjugés envers autrui, et favoriser l’inclusion (Caron, 2023). Dans ce contexte, pour cette 6e édition du colloque, nous revenons sur la place de la dimension sociale dans l’éducation à l’art et à la littérature. Les domaines artistiques (y compris la création littéraire) trouvant leur source dans les conditions universelles de l’expérience sensible et dans la puissance qu’elles exercent sur la conscience et la signification (Berleant, 2013), nous proposons un débat autour des concepts d’« engagement esthétique » et d’« expérience de l’engagement » (idem), en invitant le public à s’interroger sur les façons dont il est possible de développer des actions éducatives en arts et littérature liées aux enjeux sociétaux.
Titre du colloque :