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Savanah Laurence : Université Laval
Les dispositifs d’accompagnement pour l’insertion et le maintien en emploi des travailleurs en situation de handicap restent souvent flous et insuffisamment structurés, limitant leur efficacité. Dans ce contexte, on s’intéresse à la mise en place d’un environnement capacitant qui peut favoriser une inclusion durable, mais aussi une meilleure reconnaissance des efforts déployés par ces travailleurs pour concilier emploi et gestion de leur santé (Bonvin & Farvaque, 2007; Delgoulet & Vidal-Gomel, 2013). Cet environnement repose sur la mise en place de ressources et de marges de manœuvre permettant aux travailleurs d’exercer un contrôle accru sur leur activité et de développer leurs compétences (Falzon, 2010). Ce dernier réduit la charge de régulation individuelle et limite les risques d’épuisement professionnel, tout en favorisant une insertion pérenne (Fernagu, 2022).
Précisément, on explore le rôle des acteurs qui accompagnent en emploi les travailleurs en situation de handicap agissant à titre de facteurs de conversion essentiels dans la création d’un environnement capacitant. Cet accompagnement permet de réduire les barrières vers l’emploi en offrant un soutien continu et en proposant des stratégies préventives pour le maintien (Blitz & Mechanic, 2006; Boucher et al., 2022; Martin et al., 2022). Nos observations suggèrent que ces acteurs facilitent l’inclusion en emploi des personnes en situation de handicap en influencant la soutenabilité au travail et la santé de ceux-ci.
Le « travail de santé » est une réalité invisible touchant notamment les travailleur·ses en situation de handicap, celles et ceux vivant avec une maladie, ainsi que leurs proches aidant·es. Selon Lhuillier (2023), ce concept désigne l’ensemble des actions et des efforts, des stratégies et des aménagements déployés pour gérer sa santé lorsque celle-ci est fragilisée. Le travail de santé reste souvent non reconnu, invisible et considéré comme une responsabilité individuelle. Pourtant, il requiert souvent de devoir composer avec les exigences d’un emploi salarié, les incertitudes et les rythmes associés à son propre corps ou celui de son proche et les réalités du réseau de la santé et des services sociaux.
Ces différentes contraintes peuvent, chacune à leur façon, complexifier la réalisation du travail de santé des travailleur·ses et proches aidant·es et les exposer à des pressions physiques, psychologiques et temporelles importantes au quotidien. Lorsque ces pressions sont vécues sur le long terme, elles peuvent contribuer à l’augmentation de leur niveau de stress, à l’apparition ou à l’aggravation des problèmes de santé physique et psychologique ainsi qu’à la remise en question de leur participation au marché du travail ou du soutien accordé à leur proche.
Ce colloque remet en question la soutenabilité des parcours socioprofessionnels des travailleur·ses en situation de handicap, celles et ceux vivant avec une maladie ainsi que leurs proches aidant·es, considérant qu’un parcours est dit « soutenable » lorsqu’il permet aux personnes de préserver et, surtout, de construire leur santé et leurs compétences dans le long terme (De Vos et Van der Heijden, 2017). Nous explorons les différents obstacles et leviers à la soutenabilité des parcours pour ces personnes autant du point de vue de la reconnaissance institutionnelle de leur travail de santé que de la mise en place de politiques publiques ou d’aménagements au sein de l’organisation du travail susceptibles de contribuer à leur bien-être et à leur maintien durable en emploi.
Titre du colloque :