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Eya Benhassine : Université de Montréal
Premiers acteurs de l’université, les professeurs participent à l’accomplissement de l’ensemble de ses missions fondamentales. Alors que de nombreuses études se sont attardées aux différentes dimensions de la carrière telles que les composantes du travail et sa charge et la répartition des rôles exercés par les professeurs (Bertrand, 2004 ; Schuster et Finkelstein, 2006), d’autres ont plutôt cherché à analyser ce parcours selon le genre (Mitchell et Hesli, 2013 ; Misra et al., 2011). Ces études ont ainsi mis en exergue les difficultés additionnelles ou différentes auxquelles font face les femmes professeures, à savoir les problèmes de conciliation travail-famille, l’intégration au sein de leur unité et la productivité en recherche. Si de nombreuses études ont analysé le parcours professoral selon le genre en le croisant avec d’autres marqueurs de diversité, rares sont celles qui se sont intéressées au croisement du genre et de la langue. Cette communication explore la situation des femmes professeures d’université au Canada évoluant en contexte de minorité linguistique, en comparant leur parcours et leurs expériences avec celles de leurs homologues dans des contextes majoritaires. À partir des données issues de 10 entrevues réalisées auprès de personnes s’identifiant comme femmes et travaillant en contexte de minorité linguistique, nous avons pour objectif de comprendre l’effet de la langue sur leur avancement de carrière et sur l’isolement professionnel qu’elles vivent.
L’enseignement supérieur (ES) est un champ d’études et de pratique qui s’est développé au fil des siècles notamment grâce aux collaborations internationales (Lafont, 2016) et à la mobilité des savoirs et des savants (Spychala, 2022). Même si, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les collaborations et la mobilité encouragent l’utilisation de l’anglais (Bégin-Caouette et coll., 2023), le français demeure une langue d’enseignement et de communication scientifique qui rassemble 321 millions de locuteurs, dont 132 millions de personnes apprenantes (OIF, 2022). Les États francophones et leurs établissements multiplient d’ailleurs les ententes de coopération et de mobilité (Burgun, 2023) afin de contribuer à l’émergence d’une Francophonie scientifique (AIFS-AUF, 2022). La consolidation de cet espace doit reposer sur des collaborations réciproques entre le Sud et le Nord, ce qui constitue un défi alors que l’on note que les collaborations sont marquées à la fois par des déséquilibres structurels (Garneau et Bouchard, 2013) et des dynamiques néocoloniales (Haag, 2012). Malgré la fracture numérique (Lythreatis et coll., 2022), les technologies émergentes pourraient encourager des mobilités internationales plus accessibles et inclusives (Selmer et coll., 2021). Le présent colloque vise à explorer les dimensions et enjeux des collaborations internationales en ES. L’on invite les chercheur·ses, les étudiant·es et les praticien·nes à communiquer les résultats de leurs travaux et leurs réflexions sur l’un ou l’autre des thèmes suivants : l’importance de l’ES pour le développement des sociétés francophones; les dynamiques de pouvoir dans les collaborations scientifiques et les mobilités, notamment Sud-Nord; les mécanismes favorisant une internationalisation éthique et transformatrice de l’ES; la promotion du français en ES et en recherche; les collaborations transnationales au service de la formulation de réponses aux grands défis du 21e siècle.
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