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Isabelle Gauvin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette recherche explore les effets d’un enseignement intégré de la grammaire du français langue d’enseignement (FLens) et de l’anglais langue seconde (AL2) au Québec à propos de la notion de compléments de verbe. Plus précisément, une stratégie d’enseignement a été mise en œuvre dans six classes de 2ème secondaire : cette stratégie visait à faire découvrir aux élèves les propriétés syntaxiques communes et différentes des compléments de verbe, d’abord dans la classe de FLens, puis dans celle d’AL2. À titre d’exemple, les élèves devaient découvrir que des verbes ont parfois la même construction transitive dans les deux langues (par ex. manger quelque chose / to eat something), parfois non (par ex. téléphoner à quelqu’un / to phone someone).
Un pré et un post tests ont été administrés aux élèves avant et après la mise en œuvre de la stratégie par l’équipe de chercheur.ses : trois classes ont reçu un enseignement en FLens seulement, trois en FLens puis en AL2. Les données ainsi récoltées comprennent les (1) identifications de CD et de CI dans des phrases ainsi que des (2) raisonnements grammaticaux lors d’une discussion en dyade. Dans le cadre de cette communication, nous présenterons uniquement les résultats quantitatifs afin de décrire les effets de l’enseignement intégré des compléments verbaux sur la réussite, ou non, de leur identification. Nous discuterons enfin de la pertinence de ce type d’enseignement des langues de l’école.
L’apprentissage du français nécessite un enseignement formel de la grammaire et de l’orthographe afin que les élèves puissent écrire divers genres de textes (Boivin, 2018). Du moins, la grande majorité des personnes enseignantes et didacticiennes en sont convaincues (Graham et Harris, 2019; Vincent et coll., 2016). Cet enseignement occupe ainsi un temps de classe important tout au long de la scolarité obligatoire au primaire et au secondaire (Chartrand et Lord, 2013), et parfois même au-delà, comme en témoigne l’achalandage des centres d’aide en français des cégeps et des universités (Cabot et Facchin, 2021) et la toute récente subvention pour la plateforme Alloprof (Lacroix-Couture, 2024). Pourtant, les écueils sont grands et les résultats, pas toujours au rendez-vous (Boivin, Debeurne et Chabot, 2022). Malgré ces grands enjeux, peu de spécialistes se centrent sur ces questions à différents niveaux de la scolarité du primaire à l’université. Ces constats montrent l’intérêt pour ce colloque, qui vise à mettre en commun les travaux en grammaire et en orthographe d’ici et d’ailleurs.
Axe 1. L’apprenant : ses représentations ou ses conceptions, l’analyse de ses graphies, l’analyse de ses performances, ses raisonnements grammaticaux, l’influence de ses affects sur ses apprentissages langagiers.
Axe 2. Les pratiques enseignantes : les pratiques novatrices, les dispositifs didactiques, les expériences sur le terrain, les enjeux de planification et d’évaluation.
Axe 3. La formation enseignante : les défis de la formation initiale des enseignant·es, l’accompagnement et la formation des enseignant·es, la conseillance pédagogique en grammaire, les besoins de formation.
Axe 4. La transposition didactique : le passage des savoirs issus de la recherche en savoir à enseigner; le passage des programmes officiels à la salle de classe.
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