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Kossi Eden Andrews Adandjesso : Université Laval
Au Québec, les crises climatiques ont des répercussions néfastes sur la santé, notamment en favorisant l'émergence de maladies comme le virus du Nil occidental et la maladie de Lyme. Concernant cette dernière, la littérature scientifique souligne que le personnel soignant détient des connaissances cliniques insuffisantes pour une gestion efficace, en raison de l'état embryonnaire des savoirs sur cette pathologie. Cette situation complique la gestion de la maladie de Lyme. Notre recherche se concentre sur la gestion de cette maladie, en particulier les diagnostics et les soins de traitements, à travers une revue narrative et des entrevues semi-dirigées. Les résultats préliminaires révèlent deux injustices épistémiques : le rejet des connaissances non expertes des patients par le corps soignant, et la banalisation des récits des patients sur leurs symptômes et leurs vécus quotidiens. Ces injustices épistémiques entravent l'accès aux soins et la gestion efficace de la maladie de Lyme au Québec. Par conséquent, la non-reconnaissance des vécus et savoirs non experts des patients ainsi que la banalisation de leurs expériences constituent des injustices épistémiques et démontrent la non-prise en compte de la démocratie en santé qui exige d’une part, la participation active et effective des patients ; et d’autre part, prône la prise en compte des préférences et savoirs expérientiels de tous les patients, et ce, par l’équipe soignante.
Parmi les grands apprentissages de l’expérience de la pandémie de covid-19, le manque de préparation en amont de la crise est fréquemment cité dans les rapports de leçons apprises et recommandations produits sur la crise. En cette ère de polycrises où celles affectant la santé sont appelées à augmenter en nombre, en intensité, en complexité et en simultanéité, à un moment où les ressources sont de plus en plus limitées, nous sommes confrontés collectivement à un enjeu d’efficacité face aux défis actuels et des prochaines années, qui risquent de dépasser nos capacités à y répondre.
Le milieu de la recherche réfléchit aux moyens d’être plus efficaces pour contribuer à la prévention et à la réponse aux crises. S’il veut produire de nouvelles connaissances pertinentes, le secteur de la recherche doit mieux s’organiser, se doter de processus et de structures accélérant sa mise en place et améliorer le transfert des connaissances auprès des décideurs, du réseau de la santé et des services sociaux et ses partenaires de la communauté et de la société civile. Plusieurs questions se posent. Comment attribuer rationnellement les ressources financières pour soutenir des projets prioritaires? Comment éviter les coûteuses duplications de projets ou, au contraire, les angles morts dans le développement des connaissances? Comment la recherche peut-elle optimiser, mobiliser les différentes expertises, savoirs et connaissances existants qui sont nécessaires pour anticiper les menaces? Comment peut-elle répondre aux besoins des gestionnaires des crises et de la population dans des visées systémiques, systématiques et intersectorielles? Ce colloque propose d’explorer les modalités, expériences et connaissances développées sur la mobilisation des savoirs intersectoriels (santé, société et culture, nature et technologies) ainsi que les savoirs patients, citoyens, communautaires en préparation de crise pour mieux comprendre comment la recherche peut mieux participer au « se préparer ensemble ».
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