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La boucle des intelligences : humaine (IH) et artificielle (IA). Que peut la transdisciplinarité ?

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Mirella Tarmure Vadean : Université de l'Ontario français

Résumé de la communication

Cette communication se propose d’analyser le lien IH - IA depuis la position de personne frontière (Vadean) qui nous décrit mieux actuellement comme chercheurs-euses, professeur-e-s, étudiant-e-s ou professionnel-les. La personne frontière permet de comprendre l’exosomatisation - processus par lequel l’humain externalise ses attributs et facultés hors corps, dans des objets technologiques (Stiegler). Créée comme une extension de l’intelligence humaine, l’IA devient partie intégrante de notre esprit (Clark & Chalmers) et modifie la manière dont nous percevons et interagissons avec le monde (Andler). La frontière entre notre esprit conscient et les algorithmes que nous avons créés pour le refléter inconsciemment devient floue (Vallor). Et l’image qui nous est constamment renvoyée est celle d’un « humain défaillant » devant l’efficacité des opérations algorithmiques d’une IA « surhumaine », creusant ainsi la polarisation IH/IA impossible à dépasser (Vitali). Nous verrons comment les concepts transdisciplinaires de « niveaux de réalité » et de « tiers inclus » (Nicolescu), repositionnent l’humain et son intelligence face à l’IA. Le résultat relève d’une pensée complexe qui distingue connaissance, savoir et information dans nos démarches pédagogiques (Pasquier) ou de recherche et souligne l’importance des apprentissages profonds humains (McGregor). Ceux-ci visent le développement intégral de l’IH, qui dépasse de loin une « connaissance finalisée » (Morin) propre à l’IA.

Résumé du colloque

Ce colloque réunit, dans une perspective transdisciplinaire, des spécialistes de sciences humaines et sociales impliqués dans l’évolution de l’intelligence humaine (IH) en contexte IA. Nous plaçons l’échange sous le signe des réalisations en recherche et en enseignement, dont les applications concrètes relient l’université, les collectivités et la société. Le développement de l’IH est loin de susciter le même intérêt et d’engager les mêmes ressources que l’IA, face à laquelle elle se place, sans s’y opposer nécessairement (Barad, Vitali-Roseti). L’IA est institutionnalisée, avec statut de discipline autonome, bénéficiant de ressources substantielles. En revanche, l’IH – aspect fondamental de l’humain – demeure un thème étudié de manière transversale depuis différents champs de savoir, sans bénéficier des avantages réservés à l’IA (Detterman). Nous nous proposons de comprendre cet état de choses en partant du concept moins étudié de l’exosomatisation, processus par lequel l’humain externalise ses attributs et facultés hors corps, dans des objets technologiques (Stiegler, Lotka). Dans le passage du corps humain à la machine, l’IH change de statut. Les outils de la transdisciplinarité, notamment la pensée complexe (Morin) et les niveaux de réalité (Nicolescu), font voir que l’IH n’est plus la voie principale de transposition du Réel, mais un attribut dont la machine copie une partie, que l’on déclare suffisante et à laquelle l’humain se rapporte dorénavant. L’exosomatisation de l’intelligence certifie la refabrication du Réel (Nicolescu, Sadin), où l’origine s’efface, nous plaçant constamment dans la copie d’une copie. Comment l’humain peut-il y demeurer créatif? Quelles actions concrètes permettent le développement de l’IH en contexte IA, dans nos cours, recherches ou initiatives citoyennes? Qu’est-ce qui constituerait un « apprentissage profond humain »? Quels effets sociaux, culturels, politiques et écologiques aurait un développement paritaire de l’IH et l’IA?

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Contexte

section icon Date : 8 mai 2025

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