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Louisa Laidi : Lisis
Cette communication propose une méthodologie novatrice pour recueillir la voix des enfants dans le cadre d’une recherche sur l’inclusion relationnelle des élèves en dispositifs Ulis au collège, accueillant des élèves ayant des troubles cognitifs ou envahissants du développement. Basée sur une recherche longitudinale, elle combine observations (participantes et non participantes) et entretiens répétés avec des collégiens en situation de handicap dans une perspective interactionniste. Comment mener des entretiens avec des collégiens en difficulté langagière et interactionnelle sans reproduire une forme de domination scolaire ? Enquêter auprès d’élèves en situation de handicap exige une adaptabilité et un engagement de l’enquêteur pour recueillir un discours doublement disqualifié, en raison de la remise en question de la fiabilité de la parole des enfants (Mercklé & Octobre, 2015) et des suspicions liées aux troubles mentaux et psychiques (Velpry, 2008). Grâce à une réflexivité ethnographique constante, plusieurs techniques d’enquête ont été développées comme l’entretien « en marchant » ou les discussions sur les espaces vécus, permettant d’éviter la domination scolaire et d’adapter la méthodologie aux difficultés interactionnelles et langagières des élèves rencontrés.
La Convention relative aux droits de l’enfant de l’UNICEF (1989, ratifiée par le Canada en 1991) reconnaît le droit de chaque enfant et jeune « de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant » (articles 12 et 13). La recherche en éducation inclusive reconnaît l’importance capitale de faire une place à la « voix » des jeunes.
Récemment, des chercheur·ses ont exploré les enjeux méthodologiques et éthiques liés à leur implication dans les recherches (Odier-Guedj et Chatenoud, 2024), ainsi que les différentes formes de participation et leurs divers niveaux de contribution tout au long du processus de recherche (Fournier, Dubé et coll., 2024). Par exemple, en tant que cochercheur·ses, les jeunes peuvent apporter une validité dans le codéveloppement et l’évaluation même du contenu produit (Beaupré et coll., 2017; 2024; Letscher et coll., 2024). De plus, leur voix peut offrir des rétroactions précieuses et ainsi contribuer à l’évolution des pratiques (Röhl et Gärtner, 2021).
Malgré cette reconnaissance croissante, des défis persistent quant à la participation effective des jeunes et de leur famille dans la recherche. Dans une optique de recherche collaborative-participative, comment peut-on s’assurer de rendre justice à la voix des jeunes et de leur famille? Quels outils peuvent être utilisés pour s’assurer de l’accessibilité du processus de recherche et de la collecte aux jeunes? Comment rendre la recherche en éducation plus inclusive? Cette proposition de colloque s’inscrit donc dans cette perspective qui valorise la voix des jeunes et plus largement dans la thématique du Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (Lisis, Québec et Suisse) sur « la voix des jeunes et de leur famille, de l’entrée à l’école à l’insertion sociale et professionnelle ».
Titre du colloque :