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La redevabilité dans le multiculturalisme de l’entrepreneur immigrant face à ses abstentions de demande de crédit bancaire : contribution à la théorie du découragement de l’emploi

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Emile Muadimanga : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

La théorie du découragement de l’emprunteur analyse les décisions de non-dépôt de demande de crédit bancaire par un entrepreneur solvable et en besoin de crédit à cause de l’anticipation du rejet de la banque (Kon et Storey, 2003). Se référant aux entrepreneurs immigrants de la République Démocratique du Congo vivant au Québec, cette communication vise à comprendre comment l’expérience prémigratoire du migrant, composante de son multiculturalisme, influence sa décision de solliciter un financement bancaire au pays hôte.

Nous avons recours à une approche qualitative par étude de cas pour collecter des données sur les expériences vécues de huit entrepreneurs immigrants qui ont décidé de se priver de financement bancaire alors qu’ils en avaient besoin.

Nos résultats signalent qu’outre les déterminants financiers, des facteurs cognitifs et culturels notamment la peur de non-remboursement et la redevabilité, influencent le non-dépôt. Cette peur trouve sa motivation chez le potentiel demandeur contrairement à celle du rejet reposant sur le bailleur et largement documentée dans la littérature.

La migration constituant un investissement (Alvarez et al. 2013) de la famille ou des tiers, la redevabilité de l’immigrant et la préservation de sa crédibilité recommandent de réduire des risques peut affecter le respect des engagements et le retour sur investissement. Cela se traduit dans ses abstentions à demander du crédit et enrichit la théorie en élargissant ses déterminants.

Résumé du colloque

Les entrepreneur·es migrant·es jouent un rôle majeur dans l’économie de leur pays d’accueil : un·e entrepreneur·e sur trois est issu·e de l’immigration (OCDE et OIT, 2018). Alors que de nombreuses recherches se concentrent sur les défis liés à leur accueil, à leur accès au financement et à leur inclusion (Sarihasan et al., 2023; Malki et al., 2020; Aman et al., 2024), ce colloque se focalise sur leur potentiel, en lien avec leurs origines culturelles.

En effet, les entrepreneur·es migrant·es possèdent des connaissances explicites et tacites liées à leur culture (Dheer, 2018), qui prennent notamment la forme de différents systèmes de valeur et de pensée (Brannen et Thomas, 2010). Ils développent ainsi une créativité unique, basée sur la culture (Leung et al., 2018; Hong et Minbaeva, 2022). En effet, Bajaba et al. (2022) montrent que les entrepreneur·es migrant·es possèdent une flexibilité et une complexité cognitive leur permettant de connecter des idées de manière unique, favorisant ainsi des décisions plus innovantes. Ayant grandi dans un pays culturellement différent du pays d’accueil, ces entrepreneurs développent des cadres culturels associés aux deux cultures et s’identifient à la fois au pays d’accueil et au pays d’origine.

Alors que de nombreuses recherches existent sur le potentiel des employé·es migrant·es en organisation, les caractéristiques et le potentiel culturel des entrepreneur·es migrant·es restent encore peu étudiés. Dheer (2018) souligne ainsi la nécessité de recherches supplémentaires sur le lien entre les connaissances liées à la culture, à la stratégie et à la performance des entreprises.

Ce colloque constitue un espace d’échange sur le potentiel des entrepreneur·es migrant·es lié à leur multiculturalisme. Les discussions portent sur la manière dont ces entrepreneurs exploitent leurs savoirs multiculturels pour innover, sur leur résilience et leur adaptabilité dans le pays d’accueil ainsi que sur les caractéristiques de leur accompagnement adapté à leurs spécificités.

Contexte

section icon Date : 8 mai 2025

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