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Frédérique Plante : Université de Sherbrooke
Des études récentes indiquent que 15% à 22% des personnes adolescentes souffrent d’une anxiété de performance élevée. Les conséquences associées sont entre autres de faibles performances scolaires, une faible estime de soi, un faible sentiment de compétence et des difficultés attentionnelles. Des études indiquent des niveaux d’altération du fonctionnement variable selon l’anxiété de performance, suggérant la présence de modérateurs potentiels, dont le sentiment d’autoefficacité. Or, on en connait peu sur le rôle qu’il pourrait jouer par rapport à l’anxiété de performance. Cette étude vise donc à 1) mesurer l’association entre l’anxiété de performance scolaire et l’altération du fonctionnement scolaire et 2) vérifier si le sentiment d’autoefficacité modère cette association. Au total, 504 adolescents (52% garçons, X = 12,7 ans, É.T = 0,8), en provenance de 8 écoles secondaires du Québec, ont participé à l’étude. Les résultats démontrent qu’une augmentation des symptômes anxieux est associée à un plus haut niveau d’altération du fonctionnement scolaire et que le sentiment d’autoefficacité modère cette association. Ainsi, on observe une association plus forte entre les symptômes d’anxiété de performance et l’altération du fonctionnement lorsque le sentiment d’autoefficacité est faible. Le sentiment d’autoefficacité pourrait représenter une cible d’intervention prometteuse pour réduire l’impact des symptômes anxieux sur le fonctionnement scolaire des personnes adolescentes.
Les adolescent·es sont de plus en plus confronté·es à des pressions variées, notamment l’intensification des expériences et des attentes de leur environnement, ce qui peut mener à des difficultés psychologiques (Fuhrmann et coll., 2015). Les exigences scolaires croissantes et les attentes élevées amplifient la pression sur eux (Plante et coll., 2019), faisant de l’école un véritable terrain de performance et d’évaluation constante. Cette pression continue pour réussir alimente une anxiété de plus en plus présente dans le cadre scolaire (Desjardins et coll., 2009; Martinez et Semrud-Clikeman, 2004; Raymo et coll., 2019). En effet, les recherches récentes montrent que l’anxiété de performance scolaire semble s’intensifier au fil des ans (Putwain et von der Embse, 2022). Définie par Spielberger (1972) comme un état d’anxiété spécifique aux situations d’évaluation, certaines difficultés individuelles (ex. : estime de soi) et environnementales (ex. : évaluations à enjeux élevés) semblent être des déterminants de l’anxiété de performance scolaire. Cette anxiété entraînerait par ailleurs des répercussions sur la réussite scolaire, notamment en termes de baisse de rendement et d’accès à l’université (von der Embse et coll., 2018). Cependant, malgré une reconnaissance croissante du phénomène, les recherches actuelles manquent souvent de rigueur méthodologique (ex. : absence de devis longitudinal). Au Québec, des initiatives locales telles que HORS-PISTE et Pastel ont vu le jour pour outiller les intervenants scolaires face à cette problématique. Ce colloque a pour objectif de présenter des études innovantes sur les facteurs et les conséquences liés à l’anxiété de performance scolaire, ainsi que sur l’efficacité d’outils et d’interventions développés pour y répondre. Dans le cadre de ce colloque, nous espérons favoriser la création d’un réseau dynamique entre chercheurs, professionnels et organismes francophones, permettant des échanges constructifs et des collaborations futures.
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