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Virginie Salomee Atangana : École Normale Supérieure de l'Université de Bertoua
L’objectif de cette recherche est de contribuer au débat sur les perceptions à l’égard d’une inclusion scolaire réussie des enfants à besoins éducatifs particuliers et leurs parents. Les travaux de Ngo Melha (2023) précisent que les fondements juridiques sur lesquels l’Etat camerounais mise sur l’accessibilité de tous les enfants à une éducation de qualité. Malgré ces orientations, une première enquête réalisée auprès des enseignants, des parents et des enfants en situation de handicap de la ville de Bertoua a permis de mettre en exergue un certain nombre de carences systémiques. Ces résultats ont relevé que les besoins des élèves camerounais de l’ordre du primaire et du secondaire qui requièrent une attention éducative particulière ne sont pas totalement pris en compte. Cela nous conduit à réaliser cette deuxième étape du projet. Cette enquête par questionnaire auprès d’un échantillon de 30 apprenants à besoins éducatifs particuliers et de leurs familles abordera de façon plus spécifique les questions suivantes : les besoins éducatifs des enfants pour une scolarisation réussie, [DBM1] leurs connaissances sur l’inclusion scolaire, l’adaptation des méthodes d’enseignement et des techniques d’évaluation à leurs particularités, l’adaptation des programmes scolaires et des infrastructures aux besoins des enfants. Les résultats permettent de connaître les perceptions des enfants et de leurs familles sur l’éducation inclusive qui leur est réellement offerte dans la ville de Bertoua.
La Convention relative aux droits de l’enfant de l’UNICEF (1989, ratifiée par le Canada en 1991) reconnaît le droit de chaque enfant et jeune « de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant » (articles 12 et 13). La recherche en éducation inclusive reconnaît l’importance capitale de faire une place à la « voix » des jeunes.
Récemment, des chercheur·ses ont exploré les enjeux méthodologiques et éthiques liés à leur implication dans les recherches (Odier-Guedj et Chatenoud, 2024), ainsi que les différentes formes de participation et leurs divers niveaux de contribution tout au long du processus de recherche (Fournier, Dubé et coll., 2024). Par exemple, en tant que cochercheur·ses, les jeunes peuvent apporter une validité dans le codéveloppement et l’évaluation même du contenu produit (Beaupré et coll., 2017; 2024; Letscher et coll., 2024). De plus, leur voix peut offrir des rétroactions précieuses et ainsi contribuer à l’évolution des pratiques (Röhl et Gärtner, 2021).
Malgré cette reconnaissance croissante, des défis persistent quant à la participation effective des jeunes et de leur famille dans la recherche. Dans une optique de recherche collaborative-participative, comment peut-on s’assurer de rendre justice à la voix des jeunes et de leur famille? Quels outils peuvent être utilisés pour s’assurer de l’accessibilité du processus de recherche et de la collecte aux jeunes? Comment rendre la recherche en éducation plus inclusive? Cette proposition de colloque s’inscrit donc dans cette perspective qui valorise la voix des jeunes et plus largement dans la thématique du Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (Lisis, Québec et Suisse) sur « la voix des jeunes et de leur famille, de l’entrée à l’école à l’insertion sociale et professionnelle ».
Titre du colloque :