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Valérie Thomas : Université de Montréal
Si toutes les personnes enseignant au collégial doivent soutenir le développement de la compétence scripturale des élèves, c’est particulièrement le cas de celles qui dispensent les cours de littérature ou de philosophie intégrés à tous les programmes d’études et dans lesquels les activités d’écriture sont prépondérantes.
Pour mieux connaitre la manière dont elles s’acquittent de ce rôle, surtout dans le contexte où l’on déplore la faible maitrise de la grammaire des élèves, nous avons procédé à une recherche mixte : 151 personnes enseignant la littérature ou la philosophie ont rempli un questionnaire les sondant sur la manière dont elles se représentent leur rôle dans le développement de la compétence scripturale. Parallèlement, 11 d’entre elles ont été observées lors d’un cours, puis rencontrées lors d’entretien d’autoconfrontation.
Dans cette communication, nous présenterons les résultats relatifs à l’enseignement de la grammaire. Si les personnes ayant répondu au questionnaire révèlent qu'elles enseignent peu la grammaire, les observations en classe nous ont permis de constater que plusieurs interventions en classe visaient des notions grammaticales. L’analyse de ces interventions nous amène à mieux comprendre comment les personnes qui enseignent la littérature ou la philosophie se saisissent de l’objet d’enseignement qu’est la grammaire, c’est-à-dire les notions qu’elles enseignent et les gestes professionnels qu’elles mobilisent pour le faire.
L’apprentissage du français nécessite un enseignement formel de la grammaire et de l’orthographe afin que les élèves puissent écrire divers genres de textes (Boivin, 2018). Du moins, la grande majorité des personnes enseignantes et didacticiennes en sont convaincues (Graham et Harris, 2019; Vincent et coll., 2016). Cet enseignement occupe ainsi un temps de classe important tout au long de la scolarité obligatoire au primaire et au secondaire (Chartrand et Lord, 2013), et parfois même au-delà, comme en témoigne l’achalandage des centres d’aide en français des cégeps et des universités (Cabot et Facchin, 2021) et la toute récente subvention pour la plateforme Alloprof (Lacroix-Couture, 2024). Pourtant, les écueils sont grands et les résultats, pas toujours au rendez-vous (Boivin, Debeurne et Chabot, 2022). Malgré ces grands enjeux, peu de spécialistes se centrent sur ces questions à différents niveaux de la scolarité du primaire à l’université. Ces constats montrent l’intérêt pour ce colloque, qui vise à mettre en commun les travaux en grammaire et en orthographe d’ici et d’ailleurs.
Axe 1. L’apprenant : ses représentations ou ses conceptions, l’analyse de ses graphies, l’analyse de ses performances, ses raisonnements grammaticaux, l’influence de ses affects sur ses apprentissages langagiers.
Axe 2. Les pratiques enseignantes : les pratiques novatrices, les dispositifs didactiques, les expériences sur le terrain, les enjeux de planification et d’évaluation.
Axe 3. La formation enseignante : les défis de la formation initiale des enseignant·es, l’accompagnement et la formation des enseignant·es, la conseillance pédagogique en grammaire, les besoins de formation.
Axe 4. La transposition didactique : le passage des savoirs issus de la recherche en savoir à enseigner; le passage des programmes officiels à la salle de classe.
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