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Emmanuelle Caccamo : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
En 2021, Google Photo lançait la fonction Little Patterns. À partir d’un ensemble de photographies stockées dans le téléphone des usager.es, l’application proposait une sorte de « proto-récit » sous la forme d’un titre (par ex. « Les aventures du sac orange ») et d’un album constitué automatiquement par des algorithmes. Plus récemment, par le biais d’une notification thématique, le Journal d’Apple suggère aux individus de rédiger un souvenir au sujet d’un événement récent. Des assistants mnésiques promettent quant à eux d’enregistrer l’environnement sonore et les conversations capturées tout au long de la journée pour générer une synthèse de l’expérience vécue et « faire mémoire ». L’agent conversationnel Personal AI va encore plus loin en créant une sorte de « double » numérique de soi qui pourrait raconter à notre place notre parcours de vie et nos souvenirs.
L’industrialisation et la marchandisation de la mémoire personnelle ne sont pas nouvelles, mais les développements des réseaux socionumériques, d’outils numériques de stockage et surtout les technologies de l’intelligence artificielle (IA) marquent une nouvelle étape dans la production de mémoire et de souvenirs à partir de données numériques.
Dans cette communication, nous souhaitons discuter des promesses liées aux technologies mnésiques émergentes qui impliquent des modélisations algorithmiques et ainsi enquêter sur les imaginaires de l’algorithmisation et de la plateformisation de la mémoire personnelle.
En 2022-2023, l’apparition de l’IA générative a bouleversé nos sociétés, et ce, particulièrement du point de vue informationnel, médiatique et culturel. Bien qu’associée à des promesses de démocratisation et de progrès, l’IA générative a rapidement été cooptée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook [Meta], Amazon et Microsoft – à qui on ajoute parfois Tesla et Nvidia), qui s’en sont servis pour augmenter leur pouvoir épistémique et infrastructurel. Cette capture du pouvoir de l’IA par des géants de la technologie crée selon nous plusieurs défis qu’il est impératif d’analyser de manière critique et interdisciplinaire. Parmi ces défis, mentionnons :
Face à tous ces bouleversements, il nous semble indispensable de se regrouper pour penser ces enjeux de manière interdisciplinaire et critique. De plus en plus, les plateformes numériques sont des faits sociaux totaux qu’il est impossible d’appréhender de manière isolée. Plus précisément, le colloque s’oriente autour des quatre axes suivants : 1) la mutation des pratiques informationnelles à l’ère de l’IA générative; 2) l’économie politique de l’IA et la régulation des GAFAM; 3) l’économie de l’attention, la gouvernance algorithmique et les agents conversationnels; et 4) la dépendance aux plateformes, les problèmes des écrans, la désinformation en ligne et la polarisation politique.
Titre du colloque :