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Les difficultés psychologiques comme facteurs de risque de l’anxiété évaluative des élèves au début de l’adolescence : quelles sont leurs contributions relatives?

DT

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Danyka Therriault : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

L’anxiété évaluative touche 14,7 % à 22,3 % des élèves du secondaire. Les filles seraient d’ailleurs 2 à 2,5 fois plus à risque de souffrir d’anxiété évaluative élevée par rapport aux garçons. Les conséquences de ce type d’anxiété sont nombreuses, passant de faibles performances scolaires à une faible estime de soi et un faible sentiment de compétence. Certaines difficultés psychologiques, dont le perfectionnisme et les sentiments dépressifs, sont des facteurs de risque reconnus, mais peu d’études ont analysé l’impact combiné de plusieurs difficultés psychologiques et rares sont celles qui se sont intéressées à leur contribution relative. Cette étude examine l’effet de plusieurs difficultés psychologiques (c.-à-d. la peur du jugement des autres, le perfectionnisme, les sentiments dépressifs, la faible estime de soi, l’intolérance à l’incertitude, l’évitement cognitif et l’attitude négative face aux problèmes) sur l’anxiété évaluative chez 496 élèves de 1re et 2e secondaire. Les résultats montrent que la peur du jugement, le perfectionnisme, les sentiments dépressifs, l’évitement cognitif et l’attitude négative face aux problèmes sont significativement liés à l’anxiété évaluative et permettent d’expliquer 41,8 % de sa variance. L’évitement cognitif, l’attitude négative et le perfectionnisme sont les facteurs les plus influents. Ces résultats soulignent l’importance d’intervenir sur ces difficultés pour prévenir et traiter l’anxiété évaluative chez les élèves du secondaire.

Résumé du colloque

Les adolescent·es sont de plus en plus confronté·es à des pressions variées, notamment l’intensification des expériences et des attentes de leur environnement, ce qui peut mener à des difficultés psychologiques (Fuhrmann et coll., 2015). Les exigences scolaires croissantes et les attentes élevées amplifient la pression sur eux (Plante et coll., 2019), faisant de l’école un véritable terrain de performance et d’évaluation constante. Cette pression continue pour réussir alimente une anxiété de plus en plus présente dans le cadre scolaire (Desjardins et coll., 2009; Martinez et Semrud-Clikeman, 2004; Raymo et coll., 2019). En effet, les recherches récentes montrent que l’anxiété de performance scolaire semble s’intensifier au fil des ans (Putwain et von der Embse, 2022). Définie par Spielberger (1972) comme un état d’anxiété spécifique aux situations d’évaluation, certaines difficultés individuelles (ex. : estime de soi) et environnementales (ex. : évaluations à enjeux élevés) semblent être des déterminants de l’anxiété de performance scolaire. Cette anxiété entraînerait par ailleurs des répercussions sur la réussite scolaire, notamment en termes de baisse de rendement et d’accès à l’université (von der Embse et coll., 2018). Cependant, malgré une reconnaissance croissante du phénomène, les recherches actuelles manquent souvent de rigueur méthodologique (ex. : absence de devis longitudinal). Au Québec, des initiatives locales telles que HORS-PISTE et Pastel ont vu le jour pour outiller les intervenants scolaires face à cette problématique. Ce colloque a pour objectif de présenter des études innovantes sur les facteurs et les conséquences liés à l’anxiété de performance scolaire, ainsi que sur l’efficacité d’outils et d’interventions développés pour y répondre. Dans le cadre de ce colloque, nous espérons favoriser la création d’un réseau dynamique entre chercheurs, professionnels et organismes francophones, permettant des échanges constructifs et des collaborations futures.

Contexte

section icon Date : 8 mai 2025

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