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Pierre Canisius Kamanzi : Université de Montréal
Suite de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, les gouvernements ont progressivement mis en place un ensemble de mesures visant à démocratiser tous les niveaux d’enseignement. Quelques décennies plus tard, on observe ce que les auteurs ont qualifié massification de l’enseignement de masse, c’est-à-dire une augmentation sensibles des effectifs d’élèves et étudiants, des taux de scolarisation et de l’hétérogénéité sociale dans les établissements. Bien que cette massification soit un indicateur indéniable de la démocratisation, celle-ci reste à, nos jours, inachevée. Suite à l’institutionnalisation de la gratuité et l’obligation des enseignements primaire et secondaire dans plusieurs pays, les inégalités scolaires se sont déplacées et cristallisées aux études postsecondaires. Trois types d’inégalité sociale dans l’enseignement postsecondaires caractérisent presque tous les systèmes éducatifs contemporaines : celles de genre, d’ethnie et d’origine socioéconomique. L’objectif de cette étude est de revisiter cette question. Plus précisément, il s’agit de faire l’état des lieux. Selon les écrits existant, la production de ces inégalités se partage entre les rapports de lutte de pouvoir social et l’action publique. Nous montrons que les mécanismes institutionnels à leur base - par exemple, la sélection, le classement et la compétition entre les élèves - sont aussi balisés de manières différentes par les politiques publiques.
Depuis le début du siècle, l’enseignement postsecondaire (EPS) a été l’objet de plusieurs débats et a traversé des crises qui ont conduit à des transformations institutionnelles et organisationnelles. Le siècle s’est amorcé sur un débat sur les cégeps qui s’est déroulé jusqu’à un sommet organisé en 2005 par le Ministère. Encore aujourd’hui, leur pertinence est toujours discutée, malgré le renforcement de leur identité comme établissement d’EPS.
Le financement des établissements d’EPS a également été à l’ordre du jour de manière récurrente. La volonté d’augmenter les droits de scolarité a conduit en 2012 à une crise majeure, le « printemps érable » et, par la suite, à de nouvelles politiques de financement des universités, à l’augmentation de leur autofinancement et à l’aménagement des droits de scolarité. Par ailleurs, les écarts financiers se creusent entre les « petits » cégeps de région et les cégeps urbains. Le recrutement à l’étranger devient essentiel à la survie de plusieurs établissements.
Les modifications apportées à la cote R, outil de sélection des étudiant·es dans les programmes universitaires contingentés, relance le débat sur son rôle dans l’inégalité d’accès aux études universitaires. Si cet instrument a été créé afin d’éliminer les contingences des évaluations, variables selon les écoles, les cégeps, les classes, etc., son usage devient-il véritablement plus juste.
Un dernier événement majeur, la pandémie de la COVID-19, a frappé l’EPS de plein fouet. La majorité de ses activités a basculé en ligne du jour au lendemain. Les étudiant·es ont perdu leur emploi. On a constaté que la pandémie et la manière d’y faire face affectaient leur santé mentale. On a craint leurs effets sur la poursuite des études.
Toutefois, l’effet de ces changements sur les parcours scolaires demeure nettement peu connu. Ce colloque vise justement à éclairer les liens entre les débats et les transformations institutionnelles, d’une part, et les parcours scolaires, d’autre part. L’intérêt et la pertinence du colloque résident dans le dévoilement de résultats de recherche et dans la mise en commun d’expertises complémentaires portant sur les politiques éducatives, les parcours étudiants dans l’EPS et leurs liens. L’objectif est de mieux comprendre les articulations établies entre les dynamiques institutionnelles et organisationnelles présentes dans l’EPS et leurs effets sur les étudiant·es et leurs parcours. Le colloque est structuré autour de ces différentes dimensions.
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