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Hyppolyte Kouao : Université de Bordeaux. Centre Emile Durkheim
Cette communication analyse les paradoxes des politiques d’attractivité des étudiants internationaux, en soulignant l’écart entre les dispositifs d’accueil universitaire et les défis de leur insertion professionnelle. Si le Québec recrute activement des étudiants internationaux pour pallier la pénurie de main-d’œuvre, l’intégration en entreprise, notamment via les stages en alternance études-travail (aussi appelée éducation coopérative), demeure problématique.
À l'Université de Sherbrooke, la proportion de stagiaires issus de l’immigration est passée de 5,63 % en 2023 à 8,28 % en 2024 (SSDP), illustrant un accès accru à ces dispositifs. Pourtant, ces étudiants se heurtent à des obstacles, notamment une reconnaissance limitée de leurs compétences, un accès restreint aux réseaux professionnels et un manque de formation des employeurs à la gestion de la diversité (CAPRES, 2021 ; Dioh et Racine, 2018). Pour analyser ces dynamiques, cette recherche repose sur une méthodologie mixte (questionnaires et focus groups) menés auprès d’étudiants internationaux. En mobilisant la sociologie des épreuves, elle examine comment les stages deviennent des espaces d’inégalités au sein des parcours éducatifs. Ce faisant, cette recherche souligne les tensions entre attractivité universitaire, encadrement institutionnel et marché du travail, questionnant l’efficacité des politiques d’immigration et de formation pour une intégration durable des étudiants internationaux.
Depuis le début du siècle, l’enseignement postsecondaire (EPS) a été l’objet de plusieurs débats et a traversé des crises qui ont conduit à des transformations institutionnelles et organisationnelles. Le siècle s’est amorcé sur un débat sur les cégeps qui s’est déroulé jusqu’à un sommet organisé en 2005 par le Ministère. Encore aujourd’hui, leur pertinence est toujours discutée, malgré le renforcement de leur identité comme établissement d’EPS.
Le financement des établissements d’EPS a également été à l’ordre du jour de manière récurrente. La volonté d’augmenter les droits de scolarité a conduit en 2012 à une crise majeure, le « printemps érable » et, par la suite, à de nouvelles politiques de financement des universités, à l’augmentation de leur autofinancement et à l’aménagement des droits de scolarité. Par ailleurs, les écarts financiers se creusent entre les « petits » cégeps de région et les cégeps urbains. Le recrutement à l’étranger devient essentiel à la survie de plusieurs établissements.
Les modifications apportées à la cote R, outil de sélection des étudiant·es dans les programmes universitaires contingentés, relance le débat sur son rôle dans l’inégalité d’accès aux études universitaires. Si cet instrument a été créé afin d’éliminer les contingences des évaluations, variables selon les écoles, les cégeps, les classes, etc., son usage devient-il véritablement plus juste.
Un dernier événement majeur, la pandémie de la COVID-19, a frappé l’EPS de plein fouet. La majorité de ses activités a basculé en ligne du jour au lendemain. Les étudiant·es ont perdu leur emploi. On a constaté que la pandémie et la manière d’y faire face affectaient leur santé mentale. On a craint leurs effets sur la poursuite des études.
Toutefois, l’effet de ces changements sur les parcours scolaires demeure nettement peu connu. Ce colloque vise justement à éclairer les liens entre les débats et les transformations institutionnelles, d’une part, et les parcours scolaires, d’autre part. L’intérêt et la pertinence du colloque résident dans le dévoilement de résultats de recherche et dans la mise en commun d’expertises complémentaires portant sur les politiques éducatives, les parcours étudiants dans l’EPS et leurs liens. L’objectif est de mieux comprendre les articulations établies entre les dynamiques institutionnelles et organisationnelles présentes dans l’EPS et leurs effets sur les étudiant·es et leurs parcours. Le colloque est structuré autour de ces différentes dimensions.
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