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Ariela Ionici : UQAM - Université du Québec à Montréal
Quels effets la pandémie a-t-elle sur les parcours scolaires et éducatifs des étudiantes? La présente recherche dégage les différents types des parcours scolaires des étudiantes de cégeps qui ont choisi d’étudier dans des programmes au recrutement majoritairement « féminin » (Zolesio, 2013), en formation préuniversitaire (sciences humaines) et en formation technique (technique de soins) dans deux cégeps.
L’analyse vise à dégager les facteurs qui ont influencé le choix de programme ainsi que les ressorts d’action qui donnent sens aux différents parcours. L’analyse vise à saisir dans quelle mesure et comment la crise de la pandémie a influencé l’expérience scolaire et la progression de la scolarité. L’analyse se fonde sur la perspective théorique des parcours scolaires (Doray, 2012, 2023) et des rapports des sexe.
Depuis le début du siècle, l’enseignement postsecondaire (EPS) a été l’objet de plusieurs débats et a traversé des crises qui ont conduit à des transformations institutionnelles et organisationnelles. Le siècle s’est amorcé sur un débat sur les cégeps qui s’est déroulé jusqu’à un sommet organisé en 2005 par le Ministère. Encore aujourd’hui, leur pertinence est toujours discutée, malgré le renforcement de leur identité comme établissement d’EPS.
Le financement des établissements d’EPS a également été à l’ordre du jour de manière récurrente. La volonté d’augmenter les droits de scolarité a conduit en 2012 à une crise majeure, le « printemps érable » et, par la suite, à de nouvelles politiques de financement des universités, à l’augmentation de leur autofinancement et à l’aménagement des droits de scolarité. Par ailleurs, les écarts financiers se creusent entre les « petits » cégeps de région et les cégeps urbains. Le recrutement à l’étranger devient essentiel à la survie de plusieurs établissements.
Les modifications apportées à la cote R, outil de sélection des étudiant·es dans les programmes universitaires contingentés, relance le débat sur son rôle dans l’inégalité d’accès aux études universitaires. Si cet instrument a été créé afin d’éliminer les contingences des évaluations, variables selon les écoles, les cégeps, les classes, etc., son usage devient-il véritablement plus juste.
Un dernier événement majeur, la pandémie de la COVID-19, a frappé l’EPS de plein fouet. La majorité de ses activités a basculé en ligne du jour au lendemain. Les étudiant·es ont perdu leur emploi. On a constaté que la pandémie et la manière d’y faire face affectaient leur santé mentale. On a craint leurs effets sur la poursuite des études.
Toutefois, l’effet de ces changements sur les parcours scolaires demeure nettement peu connu. Ce colloque vise justement à éclairer les liens entre les débats et les transformations institutionnelles, d’une part, et les parcours scolaires, d’autre part. L’intérêt et la pertinence du colloque résident dans le dévoilement de résultats de recherche et dans la mise en commun d’expertises complémentaires portant sur les politiques éducatives, les parcours étudiants dans l’EPS et leurs liens. L’objectif est de mieux comprendre les articulations établies entre les dynamiques institutionnelles et organisationnelles présentes dans l’EPS et leurs effets sur les étudiant·es et leurs parcours. Le colloque est structuré autour de ces différentes dimensions.
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