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Karine Fofou : Université de Montréal
Alors que le Canada jouit d’une image globalement positive en matière d’accueil et d’intégration des minorités ethnoculturelles, la persistance de barrières systémiques, auxquelles font face les membres des groupes sous-représentés, demeure préoccupante. Or, la discrimination, sous toutes ses formes, interroge le pacte social démocratique qui est au fondement du vivre-ensemble. Les institutions universitaires, qui détiennent un rôle historique en matière de défense des droits humains, n’échappent pas à ces phénomènes de discrimination systémiques. Forts des constats précédents, les institutions universitaires occidentales, nord-américaines en particulier, ont mis en place des plans d’actions « équité, diversité et inclusion » (EDI), et renforcé, depuis les années 2000, les actions visant à augmenter le recrutement et la rétention d’étudiants et de professionnels appartenant aux groupes historiquement sous-représentés. Afin de mieux comprendre les leviers et les freins afférents à la mise en œuvre des politiques d’EDI dans l’enseignement supérieur, j’ai effectué une recension des écrits relatifs à la mise en œuvre de ces politiques dans les universités occidentales, nord-américaines en particulier. Cette communication a pour objectif de présenter, d’un point de vue critique, les principaux résultats de la revue de littérature ainsi que les perspectives de recherche qui en découlent.
Avec la montée du néolibéralisme et la prédominance de la logique marchande dans tous les domaines de la vie sociale, la promotion des valeurs de liberté et de pluralisme, mais aussi d’autonomie, de responsabilité et de justice sociale, s’opérationnalise de plus en plus à travers le langage de la diversité qui agrège progressivement de nouveaux thèmes tels que l’« inclusion » et l’« équité ». Malgré le caractère positif et consensuel des grammaires institutionnelles qui composent les initiatives étiquetées « équité, diversité et inclusion » (EDI), des travaux s’inscrivant dans le champ des approches critiques de la diversité apportent des éclairages permettant d’analyser les dimensions discursives, idéologiques et organisationnelles des politiques d’EDI comme étant constitutives de la gouvernementalité néolibérale des institutions publiques.
Ce champ d’investigation dynamique est d’ailleurs en développement dans la littérature anglophone, mais aussi de plus en plus dans les sphères transnationales et éducatives. Les références aux politiques d’EDI opèrent comme justification permettant une institutionnalisation pérenne ou, à tout le moins, durable d’un ordre social discriminatoire et dont la reproduction affecte les espaces institués de résistance, voire de remédiation. Il importe donc de comprendre comment les discours de la diversité permettent d’expliquer l’exercice quotidien des discriminations dans les sphères éducatives. Également, de quelles visions et représentations se nourrissent-ils? Quels sont les enjeux et les défis face à la mise en œuvre des politiques étiquetées EDI dans les institutions éducatives? Comment ces dispositifs s’intègrent-ils au langage et aux discours aspirationnels de l’égalité des chances? Quels en sont les écueils et les contradictions? Comment les individus et les groupes catégorisés comme « issus de la diversité » appréhendent-ils les dispositifs qui les visent?
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