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Permettre aux jeunes de prendre conscience et de s'emparer de son parcours de formation grâce aux entretiens biographiques : (re)penser la place du chercheur et du narrateur

JM

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Julia Midelet : Université de Caen-Normandie

Résumé de la communication

Cette présentation est issue d’une recherche menée de 2020 à 2023 auprès de jeunes (par exemple ayant des troubles cognitifs) scolarisés en collège et au lycée (enseignement secondaire) reconnus en situation de handicap. Au quotidien, leur communication est entravée tant à l’écrit qu’à l’oral. Par conséquent, nous intéressant aux parcours de formation des jeunes, nous avons proposé des entretiens biographiques pour leur permettre d’évoquer leur vécu et le regard quant à leur parcours en pensant les moyens à mettre en œuvre pour leur permettre de mettre en mot leur pensée. Ce type d’entretien a pour objet de recueillir la parole par l’évocation d’un fragment de vie (Demazière, 2005, p. 2). Mener de tels entretiens auprès d’un narrateur à la « communication entravée » (Midelet, 2020) pour faire entendre au chercheur la singularité de son expérience (Delory-Momberger, 2019, p. 343) nécessite d’ajuster les conditions de l’entretien (réalisation de l’entretien, anticipation et organisation de la scène de rencontre, échanges, remise de la transcription pour validation - Midelet et Scelles, 2015; Midelet, 2019, Midelet, 2023).

Dans un premier temps, nous contextualiserons cette recherche en précisant les différentes étapes. Puis, nous prendrons appui sur des évènements apparus lors de entretiens ou à leur suite montrant comment les jeunes se sont emparés de cette prise de parole.

Résumé du colloque

La Convention relative aux droits de l’enfant de l’UNICEF (1989, ratifiée par le Canada en 1991) reconnaît le droit de chaque enfant et jeune « de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant » (articles 12 et 13). La recherche en éducation inclusive reconnaît l’importance capitale de faire une place à la « voix » des jeunes.

Récemment, des chercheur·ses ont exploré les enjeux méthodologiques et éthiques liés à leur implication dans les recherches (Odier-Guedj et Chatenoud, 2024), ainsi que les différentes formes de participation et leurs divers niveaux de contribution tout au long du processus de recherche (Fournier, Dubé et coll., 2024). Par exemple, en tant que cochercheur·ses, les jeunes peuvent apporter une validité dans le codéveloppement et l’évaluation même du contenu produit (Beaupré et coll., 2017; 2024; Letscher et coll., 2024). De plus, leur voix peut offrir des rétroactions précieuses et ainsi contribuer à l’évolution des pratiques (Röhl et Gärtner, 2021).

Malgré cette reconnaissance croissante, des défis persistent quant à la participation effective des jeunes et de leur famille dans la recherche. Dans une optique de recherche collaborative-participative, comment peut-on s’assurer de rendre justice à la voix des jeunes et de leur famille? Quels outils peuvent être utilisés pour s’assurer de l’accessibilité du processus de recherche et de la collecte aux jeunes? Comment rendre la recherche en éducation plus inclusive? Cette proposition de colloque s’inscrit donc dans cette perspective qui valorise la voix des jeunes et plus largement dans la thématique du Laboratoire international sur l’inclusion scolaire (Lisis, Québec et Suisse) sur « la voix des jeunes et de leur famille, de l’entrée à l’école à l’insertion sociale et professionnelle ».

Contexte

section icon Date : 8 mai 2025

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