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Sami Fettah : Université de Montréal
Les usages de substances psychoactives (SPA) touchent tous les secteurs et profils de travailleur•euses (MILDECA, 2020). Longtemps perçus comme relevant de la santé publique, les troubles d’usage de substances affectent aussi le milieu professionnel, limitant la portée des approches biomédicales et psychiatriques (Battaglia & Décamps, 2010). Le travail a aussi un rôle clé dans la prévention. Comment développer un soutien efficace face à l’émergence constante de nouvelles substances et l’échec des politiques prohibitionnistes ? (Costes, 2013). Nos travaux offrent un regard sur les représentations des acteur•ices de la santé au travail concernant la prévention des usages de SPA et le développement d’interventions en entreprise. Une enquête nationale (n=304) auprès des professionnel•es de santé au travail révèle des perceptions distinctes selon la fonction : ces derniers attribuent principalement les usages aux SPA et aux conséquences psychologiques, minimisant notamment les facteurs liés au travail. Parallèlement, plusieurs interventions (n=4) en entreprises ont mis en évidence des conditions facilitantes et des freins à la prévention. Ce travail souligne deux enjeux majeurs pour soutenir les travailleur•euses vulnérables : intégrer les représentations dans la pratique des acteur•ices en santé au travail et favoriser la pluridisciplinarité. Pour une prévention efficace et durable, il est essentiel d’ouvrir les échanges sur les usages de SPA à tous les niveaux organisationnels.
Le « travail de santé » est une réalité invisible touchant notamment les travailleur·ses en situation de handicap, celles et ceux vivant avec une maladie, ainsi que leurs proches aidant·es. Selon Lhuillier (2023), ce concept désigne l’ensemble des actions et des efforts, des stratégies et des aménagements déployés pour gérer sa santé lorsque celle-ci est fragilisée. Le travail de santé reste souvent non reconnu, invisible et considéré comme une responsabilité individuelle. Pourtant, il requiert souvent de devoir composer avec les exigences d’un emploi salarié, les incertitudes et les rythmes associés à son propre corps ou celui de son proche et les réalités du réseau de la santé et des services sociaux.
Ces différentes contraintes peuvent, chacune à leur façon, complexifier la réalisation du travail de santé des travailleur·ses et proches aidant·es et les exposer à des pressions physiques, psychologiques et temporelles importantes au quotidien. Lorsque ces pressions sont vécues sur le long terme, elles peuvent contribuer à l’augmentation de leur niveau de stress, à l’apparition ou à l’aggravation des problèmes de santé physique et psychologique ainsi qu’à la remise en question de leur participation au marché du travail ou du soutien accordé à leur proche.
Ce colloque remet en question la soutenabilité des parcours socioprofessionnels des travailleur·ses en situation de handicap, celles et ceux vivant avec une maladie ainsi que leurs proches aidant·es, considérant qu’un parcours est dit « soutenable » lorsqu’il permet aux personnes de préserver et, surtout, de construire leur santé et leurs compétences dans le long terme (De Vos et Van der Heijden, 2017). Nous explorons les différents obstacles et leviers à la soutenabilité des parcours pour ces personnes autant du point de vue de la reconnaissance institutionnelle de leur travail de santé que de la mise en place de politiques publiques ou d’aménagements au sein de l’organisation du travail susceptibles de contribuer à leur bien-être et à leur maintien durable en emploi.
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