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Mylène Charette : Université de Montréal
Au Québec, la valorisation de la diversité, de l’équité et de l’inclusion est au coeur des préoccupations gouvernementales. Ces valeurs sont prônées notamment dans le système scolaire. Toutefois, une hausse importante des diagnostics d’autisme et de TDAH est remarquée chez les jeunes, mais n’étant pas soustraite à une règlementation gouvernementale, la conception des écoles secondaires régulières considère très peu les besoins particuliers de la neurodiversité. Une analyse comparative a été menée sur quatre écoles implantées dans le Grand Montréal, afin de définir le portrait architectural de l’école secondaire contemporaine ainsi que d’explorer leur qualité inclusive. Les résultats obtenus montrent que les besoins particuliers ne sont pas tous considérés dans la conception de ces écoles, mais que la cognition spatiale, la socialisation et la sensorialité sont des besoins partiellement couverts. En revanche, le retrait, les opportunités et les différentes modalités sociales sont peu valorisés dans l’aménagement scolaire. Le deuxième volet de la collecte de données, soit des photovoix menés par des adolescents·es neurodivergents·es, permettra d’explorer leurs routines spatiales et sociales ainsi que leur expérience architecturale au prisme de leurs besoins, ce qui contribuera aux connaissances actuelles et permettra de proposer un modèle architectural optimisé et inclusif de l’école secondaire régulière.
Avec la montée du néolibéralisme et la prédominance de la logique marchande dans tous les domaines de la vie sociale, la promotion des valeurs de liberté et de pluralisme, mais aussi d’autonomie, de responsabilité et de justice sociale, s’opérationnalise de plus en plus à travers le langage de la diversité qui agrège progressivement de nouveaux thèmes tels que l’« inclusion » et l’« équité ». Malgré le caractère positif et consensuel des grammaires institutionnelles qui composent les initiatives étiquetées « équité, diversité et inclusion » (EDI), des travaux s’inscrivant dans le champ des approches critiques de la diversité apportent des éclairages permettant d’analyser les dimensions discursives, idéologiques et organisationnelles des politiques d’EDI comme étant constitutives de la gouvernementalité néolibérale des institutions publiques.
Ce champ d’investigation dynamique est d’ailleurs en développement dans la littérature anglophone, mais aussi de plus en plus dans les sphères transnationales et éducatives. Les références aux politiques d’EDI opèrent comme justification permettant une institutionnalisation pérenne ou, à tout le moins, durable d’un ordre social discriminatoire et dont la reproduction affecte les espaces institués de résistance, voire de remédiation. Il importe donc de comprendre comment les discours de la diversité permettent d’expliquer l’exercice quotidien des discriminations dans les sphères éducatives. Également, de quelles visions et représentations se nourrissent-ils? Quels sont les enjeux et les défis face à la mise en œuvre des politiques étiquetées EDI dans les institutions éducatives? Comment ces dispositifs s’intègrent-ils au langage et aux discours aspirationnels de l’égalité des chances? Quels en sont les écueils et les contradictions? Comment les individus et les groupes catégorisés comme « issus de la diversité » appréhendent-ils les dispositifs qui les visent?
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