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Rocio Macabena Perez : Université de Montréal
Selon le modèle théorique du Développement positif des jeunes, les activités parascolaires représenteraient un contexte privilégié pour favoriser l’épanouissement des élèves vivant avec des difficultés socio-émotionnelles (p. ex. manifestations dépressives, anxieuses, du retrait social ou de l’isolement), mais leur adéquation à leurs besoins et préférences a été très peu explorée. C’est dans cette optique qu’a été conçu Art en tête , un programme parascolaire artistique destiné aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaire du Québec vivant avec des difficultés socio-émotionnelles et visant à améliorer leur adaptation scolaire et psychosociale en misant sur leurs forces et celles de leur environnement.
L’évaluation du programme repose sur deux études. Une première étude quantitative a révélé une diminution significative des symptômes dépressifs chez les jeunes immédiatement après leur participation au programme et une hausse de l’estime de soi et de l’auto-efficacité générale cinq mois après sa fin. D’autres améliorations en lien avec l’estime de soi négative, les symptômes anxieux et le bien-être subjectif ont aussi été trouvées chez ces jeunes. Une deuxième étude mixte a montré une amélioration significative des relations sociales avec les pairs et les adultes au fil du programme, un climat d’appartenance positif au sein du programme et un soutien apprécié des adultes en présence, facteurs ayant aussi été associés à une meilleure adaptation scolaire et psychosociale chez les jeunes participants.
Ces résultats mettent en lumière le potentiel des activités parascolaires artistiques comme leviers concrets et accessibles pour favoriser l’épanouissement des jeunes. Ils soulignent également la nécessité d’intégrer des approches complémentaires axées sur le développement des forces dans le continuum des services en santé mentale offerts en milieu scolaire, contribuant ainsi à une prise en charge plus globale et préventive des élèves.
Plusieurs travaux soutiennent que les activités parascolaire contribuent à favoriser l’adaptation psychosociale et l’engagement scolaire des jeunes (Fusion Jeunesse, 2020; MESS, 2017). Théoriquement, le modèle du développement positif des jeunes de Lerner et coll. (2013) présente les activités parascolaires comme une avenue de choix pour l’acquisition d’habiletés cruciales au développement sain de l’adolescent.e, incluant une perception positive de ses capacités, une confiance envers soi-même ainsi qu’un sentiment de connexion positive aux autres et aux institutions, notamment l’école. Empiriquement, une foule de travaux mettent en évidence des liens positifs entre la participation aux activités parascolaires et divers indicateurs d’adaptation psychosociale et scolaire (Vandell et coll., 2015), mais ceux-ci ont été majoritairement réalisés auprès de jeunes hautement investis et ayant accès à ces activités sans avoir à composer avec des barrières à la participation (Deutsch et coll., 2017; Vandell et coll., 2015).
Or, les écoles regorgent de jeunes présentant des besoins particuliers, pour qui la participation à des activités parascolaires de qualité pourrait être singulièrement bénéfique, mais qui font face à des défis susceptibles de limiter leur engagement dans celles-ci. Par ailleurs, un nombre croissant d’études, dont certaines réalisées en contexte scolaire, appuient le potentiel de la participation à des activités artistiques en matière de soutien au développement positif des jeunes à risque ou vivant avec des difficultés d’adaptation psychosociale, les principaux bénéfices recensés concernant l’amélioration des habiletés sociales et de l’estime de soi, le développement de sentiments de bien-être et de connexion aux autres ainsi que la diminution des symptômes anxieux et dépressifs (p. ex., Archambault et coll., 2020; Coholic et coll., 2020; Macpherson et coll., 2016; Perez et coll., 2024; Zarobe et Bungay, 2017).
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