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Laurence Thibault : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans les dernières années, plusieurs grandes plateformes numériques pilotées par les GAFAM ont créé leurs propres formations ou corpus scolaires destinés aux gestionnaires de médias et aux journalistes (Papaevangelou, 2024). En 2017, Facebook (devenu Meta en 2021) annonçait la création du Facebook Journalism Project pour éduquer les journalistes à l’utilisation de certains outils internes. Google faisait de même un an plus tard avec la Google News Initiative, suivi notamment de Microsoft avec son Democracy Forward Program (Whittaker, 2019).
Si les formations de Meta/Facebook ont déjà attiré l’attention de quelques chercheurs intéressés par la plateformisation de l’éducation, les formations de Google sont restées jusqu’ici largement ignorées. Le corpus est pourtant remarquable : depuis 2021, Google a créé plus de soixante courtes formations, traduites en plusieurs langues, et destinées aux journalistes du monde entier.
Pour arriver à cette fin, nous avons effectué une analyse de contenu thématique de la grande majorité des formations présentes (63 formations) sur le site web du GNI. Au cours de notre analyse, nous avons repéré plusieurs thèmes généraux que nous explorerons lors de notre présentation, soit l’omniprésence de la publicité, des algorithmes, du design (segmentation) du public ou encore du journalisme considéré comme une « pile technologique » (tech stack). Google est ainsi un acteur clé de la plateformisation du journalisme dans son ensemble.
En 2022-2023, l’apparition de l’IA générative a bouleversé nos sociétés, et ce, particulièrement du point de vue informationnel, médiatique et culturel. Bien qu’associée à des promesses de démocratisation et de progrès, l’IA générative a rapidement été cooptée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook [Meta], Amazon et Microsoft – à qui on ajoute parfois Tesla et Nvidia), qui s’en sont servis pour augmenter leur pouvoir épistémique et infrastructurel. Cette capture du pouvoir de l’IA par des géants de la technologie crée selon nous plusieurs défis qu’il est impératif d’analyser de manière critique et interdisciplinaire. Parmi ces défis, mentionnons :
Face à tous ces bouleversements, il nous semble indispensable de se regrouper pour penser ces enjeux de manière interdisciplinaire et critique. De plus en plus, les plateformes numériques sont des faits sociaux totaux qu’il est impossible d’appréhender de manière isolée. Plus précisément, le colloque s’oriente autour des quatre axes suivants : 1) la mutation des pratiques informationnelles à l’ère de l’IA générative; 2) l’économie politique de l’IA et la régulation des GAFAM; 3) l’économie de l’attention, la gouvernance algorithmique et les agents conversationnels; et 4) la dépendance aux plateformes, les problèmes des écrans, la désinformation en ligne et la polarisation politique.
Titre du colloque :