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Aya Boussouf : Université Laval
La pandémie de COVID-19 a catalysé une transformation sans précédent des espaces publics urbains, générant une vague d'innovations dans leur aménagement temporaire. Basée sur une revue systématique de la littérature scientifique et une analyse typo-morphologique des interventions déployées au Québec, notre recherche examine ces adaptations spatiales d'urgence et leur contribution à la résilience collective. À travers l'analyse de plus de 50 articles scientifiques, nous avons documenté et évalué l'efficacité des différentes interventions temporaires (rues piétonnes, extensions de trottoirs, places publiques éphémères) et leur impact sur le bien-être communautaire. Les résultats révèlent comment ces aménagements d'urgence ont non seulement facilité la distanciation physique, mais ont aussi transformé notre compréhension de l'adaptation urbaine en temps de crise. Cette étude contribue à la préparation aux futures crises en proposant un cadre d'analyse des interventions temporaires réussies, offrant des leçons concrètes pour les gestionnaires urbains et les professionnels de la santé publique. Les enseignements tirés mettent en lumière l'importance d'une boîte à outils d'interventions rapides et adaptables pour les espaces publics, essentielle pour renforcer la capacité de réponse des villes face aux crises sanitaires futures.
Parmi les grands apprentissages de l’expérience de la pandémie de covid-19, le manque de préparation en amont de la crise est fréquemment cité dans les rapports de leçons apprises et recommandations produits sur la crise. En cette ère de polycrises où celles affectant la santé sont appelées à augmenter en nombre, en intensité, en complexité et en simultanéité, à un moment où les ressources sont de plus en plus limitées, nous sommes confrontés collectivement à un enjeu d’efficacité face aux défis actuels et des prochaines années, qui risquent de dépasser nos capacités à y répondre.
Le milieu de la recherche réfléchit aux moyens d’être plus efficaces pour contribuer à la prévention et à la réponse aux crises. S’il veut produire de nouvelles connaissances pertinentes, le secteur de la recherche doit mieux s’organiser, se doter de processus et de structures accélérant sa mise en place et améliorer le transfert des connaissances auprès des décideurs, du réseau de la santé et des services sociaux et ses partenaires de la communauté et de la société civile. Plusieurs questions se posent. Comment attribuer rationnellement les ressources financières pour soutenir des projets prioritaires? Comment éviter les coûteuses duplications de projets ou, au contraire, les angles morts dans le développement des connaissances? Comment la recherche peut-elle optimiser, mobiliser les différentes expertises, savoirs et connaissances existants qui sont nécessaires pour anticiper les menaces? Comment peut-elle répondre aux besoins des gestionnaires des crises et de la population dans des visées systémiques, systématiques et intersectorielles? Ce colloque propose d’explorer les modalités, expériences et connaissances développées sur la mobilisation des savoirs intersectoriels (santé, société et culture, nature et technologies) ainsi que les savoirs patients, citoyens, communautaires en préparation de crise pour mieux comprendre comment la recherche peut mieux participer au « se préparer ensemble ».
Titre du colloque :