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Anne Sardier : Université Clermont Auvergne
Notre intention est ici de poursuivre notre réflexion autour des « prêts-à-écrire » définis comme des unités plus ou moins figées, préformées, disponibles en langue pour s’exprimer (Roubaud & Sardier, 2022 ; Sardier & Roubaud, 2023). Nos études antérieures portaient sur l’écriture de textes narratifs. Nous allons en interroger l’emploi dans les réponses de 218 élèves de 10-11 ans soumis à un questionnaire sur la polysémie des verbes (Roubaud et al., 2024). À partir de données issues de cette étude, nous explorons les usages des prêts-à-écrire dans cette tâche d’élicitation.
Les résultats de nos premières analyses tendent à montrer que les élèves récupèrent en mémoire des sens, des termes et des syntagmes qu’ils assemblent dans des choix lexico-syntaxiques pour expliciter le sens des verbes proposés dans le questionnaire. Il apparait que synonymie et préconstruction se percutent lorsque les élèves effectuent des remplacements paradigmatiques de certains termes présents dans des collocations, constructions à verbe support ou locutions verbales. Il s’ensuit parfois des constructions inattendues comme « il s’est fondu en larmes ».
Ces procédés nous interpellent parce qu’ils sont largement représentés dans les réponses des élèves, faisant partie de leur compétence lexicale (Sardier, 2020) alors que ces préconstructions ne sont pas mises en avant par les dictionnaires. Il semble alors important de leur faire une place de choix dans l’enseignement du lexique à l’école.
Bien que le vocabulaire s’inscrive comme une cible prioritaire d’enseignement du français dès le début du parcours scolaire (Biemiller, 2012), il demeure, dans les faits, peu enseigné du primaire au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011). Au Québec, les résultats de recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018) confirment d’ailleurs cette tendance. En réponse aux enjeux soulevés par cet écart entre les principes théoriques et la réalité pratique, les recherches en didactique du lexique se sont multipliées ces dernières années, visant à développer des dispositifs pédagogiques innovants (Anctil et coll., 2024; Roubaud et Sardier, 2020), à documenter les pratiques enseignantes (Boubdelli, 2022; Tremblay, 2021) et à fournir des outils (Proulx, 2023) et des recommandations didactiques (Dehaene-Lambertz, 2023) aux acteurs des milieux de pratique.
Afin de favoriser la mise en commun des plus récents travaux en didactique du lexique et de soutenir ainsi les avancées dans le domaine, il nous paraît essentiel de proposer une rencontre scientifique réunissant des chercheur·ses de la francophonie s’y intéressant, comme nous l’avons d’ailleurs fait à l’Acfas en 2015, 2017, 2019 et 2023.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents :
Comme pour les éditions précédentes, notre colloque s’étale sur deux journées complètes, dont l’horaire se structurera selon les quatre axes présentés plus haut, soit un par demi-journée. Trente minutes sont allouées à chaque présentateur·trice (20 minutes de présentation et 10 de questions); pour favoriser les échanges, chaque bloc de présentation est suivi d’une séance plénière de 30 minutes animée par l’une des personnes responsables. Afin de préserver la dimension conviviale de l’événement, un souper commun est aussi organisé. Un projet de publications dans la foulée du colloque est envisagé comme pour les éditions de 2019 (Sardier et Roubaud, 2020; Tremblay et Anctil, 2020) et 2023 (Ftita, Anctil et Cavalla, 2024).
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