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Jonathan MARTINEAU : Université Concordia
Cette présentation fait l’hypothèse qu’un nouveau stade du capitalisme, caractérisé par la prédominance du capital algorithmique, a des conséquences importantes sur le temps social et le temps vécu. Deux arguments principaux sont développés. Premièrement, une conjoncture historique façonnée par l’essoufflement du néolibéralisme, la révolution de l’apprentissage profond en intelligence artificielle (IA), et la monétisation des technologies algorithmiques prédictives, a donné lieu à un basculement de la logique d’accumulation du capital depuis les années 2010. Nous sommes entrés dans un nouveau stade du capitalisme marqué par la prédominance du capital algorithmique, qui s’accumule à partir de l’exploitation du travail et de l’extraction de données. Deuxièmement, les technologies algorithmiques qui prolifèrent dans différentes sphères sociales ont des impacts importants sur l’expérience du temps. À ce titre, la présentation examinera le rapport en accélération du temps et technologies numériques, et proposera une interprétation de la temporalité des technologies algorithmiques, c’est-à-dire de leur pouvoir de façonner l’expérience du temps au niveau individuel et collectif.
En 2022-2023, l’apparition de l’IA générative a bouleversé nos sociétés, et ce, particulièrement du point de vue informationnel, médiatique et culturel. Bien qu’associée à des promesses de démocratisation et de progrès, l’IA générative a rapidement été cooptée par les GAFAM (Google, Apple, Facebook [Meta], Amazon et Microsoft – à qui on ajoute parfois Tesla et Nvidia), qui s’en sont servis pour augmenter leur pouvoir épistémique et infrastructurel. Cette capture du pouvoir de l’IA par des géants de la technologie crée selon nous plusieurs défis qu’il est impératif d’analyser de manière critique et interdisciplinaire. Parmi ces défis, mentionnons :
Face à tous ces bouleversements, il nous semble indispensable de se regrouper pour penser ces enjeux de manière interdisciplinaire et critique. De plus en plus, les plateformes numériques sont des faits sociaux totaux qu’il est impossible d’appréhender de manière isolée. Plus précisément, le colloque s’oriente autour des quatre axes suivants : 1) la mutation des pratiques informationnelles à l’ère de l’IA générative; 2) l’économie politique de l’IA et la régulation des GAFAM; 3) l’économie de l’attention, la gouvernance algorithmique et les agents conversationnels; et 4) la dépendance aux plateformes, les problèmes des écrans, la désinformation en ligne et la polarisation politique.
Titre du colloque :