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Françoise Naudillon : Université Concordia
Dès sa mise à disposition pour le grand public en novembre 2022, l’intelligence artificielle (IA) a provoqué moult débats et controverses dans les communautés universitaires. Plusieurs professeurs se sont essayés à utiliser cette nouvelle ressource pour des expériences pédagogiques dont certaines seraient couronnées de succès. D’autres déplorent, notamment en sciences humaines, le plagiat incontrôlé dans les travaux des étudiants, voire par certains chercheurs, et s’interrogent sur l’intégrité scientifique aujourd’hui.
En réalité, les intelligences artificielles ne peuvent donner que ce qu’elles sont : « outil capable de rassembler en un temps record des données ciblées et d’en faire une synthèse selon la fréquence de leur apparition sur le web » (Diallo, 2023). Un étudiant en littérature se verra offrir en un temps record une dissertation, l’analyse d’un poème, et même un chapitre de thèse ce qui pose à l’enseignant le défi de l’évaluation. Il faut donc renouveler les outils d’évaluation et des travaux et faire de l’IA une amie plutôt qu’une ennemie. Enseignante en littératures francophones dans une université anglophone, avant de me lancer dans l’expérience de l’IA dans mes cours, j’ai voulu faire une expérience avec la lecture de Soleil des indépendances, d’Ahmadou Kourouma. J’ai donc demandé à CHATgpt de proposer un pastiche du texte.
Il s’agira dans cette communication d’analyser ce que ce pastiche en question révèle des biais de l’IA.
À l’ère actuelle de l’intensification de la présence de l’intelligence artificielle (IA) dans la sphère universitaire, de nouveaux besoins pédagogiques ont graduellement fait leur apparition (Capus et coll., 2002). Ils reflètent l’importance de repenser la nature et les limites de l’enseignement en sciences et dans le domaine des sciences informatiques (Lision et Vercher, 2023). Or, peu d’études se sont penchées sur la façon dont la nature de l’enseignement des littératures françaises et francophones est affectée par l’essor de l’IA. La recherche actuelle met d’ailleurs l’accent sur le retour hégémonique de l’anglais qui s’installe de nouveau comme langue normative dans les salles de cours, où les outils d’IA sont démystifiés, voire réactualisés.
À la problématique globale de ce colloque, s’ajoute l’enjeu de l’enseignement des littératures françaises et francophones en contexte minoritaire francophone au Canada, notamment au sein des universités anglophones, dans lesquelles le français figure comme langue de transmission de savoirs, mais seulement en études françaises et francophones. De Homère à Shakespeare, en passant par les scandales juridiques de diffamation ou d’atteinte à la vie privée, les questions de paternité littéraire, de responsabilité éthique ou de datation, passionnent la critique littéraire. Des études spécialisées prennent le pouls d’un tel débat culturel, social et épistémique depuis les vingt dernières années (Sapiro, Mihelakis, Barraband, etc.), mais peu a été dit à propos des façons dont l’enseignement des littératures françaises et francophones réactualisent ces débats à l’aune des nouvelles technologies et de l’IA. C’est à ce vide que ce colloque souhaite apporter quelques pistes de réflexion.
Titre du colloque :