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Muriel Coret : Université de Poitiers
L’étude de la langue peut constituer pour les professeurs des écoles (PE) débutants un lieu de tensions et de résistances où s’affrontent (mauvais) souvenirs d’élèves, représentations sur la langue et pratiques personnelles diverses, qui, confrontés aux prescriptions institutionnelles et au discours de la formation peut entraîner un sentiment d’insécurité très fort. Depuis 2019, la formation des enseignants en grammaire, telle qu’elle se déroule en France au sein des masters MEEF, tente de relever le défi de permettre aux étudiants d’adopter une posture d’analyse outillée de la langue, les initier à son enseignement. Dans ce contexte, nous nous proposons d’analyser les effets de la formation sur les pratiques d’enseignement de la grammaire de PE stagiaires (année qui suit le concours). Que disent ces jeunes PE de leurs pratiques en rapport avec la formation reçue? Que font-ils dans leurs classes? Nous souhaitons éclairer ces questions, qui relèvent de la circulation des modèles didactiques par l’analyse comparée d’entretiens et de documents de classe recueillis auprès de PE stagiaires issus de la formation et de PE stagiaires non issus de la formation.
L’apprentissage du français nécessite un enseignement formel de la grammaire et de l’orthographe afin que les élèves puissent écrire divers genres de textes (Boivin, 2018). Du moins, la grande majorité des personnes enseignantes et didacticiennes en sont convaincues (Graham et Harris, 2019; Vincent et coll., 2016). Cet enseignement occupe ainsi un temps de classe important tout au long de la scolarité obligatoire au primaire et au secondaire (Chartrand et Lord, 2013), et parfois même au-delà, comme en témoigne l’achalandage des centres d’aide en français des cégeps et des universités (Cabot et Facchin, 2021) et la toute récente subvention pour la plateforme Alloprof (Lacroix-Couture, 2024). Pourtant, les écueils sont grands et les résultats, pas toujours au rendez-vous (Boivin, Debeurne et Chabot, 2022). Malgré ces grands enjeux, peu de spécialistes se centrent sur ces questions à différents niveaux de la scolarité du primaire à l’université. Ces constats montrent l’intérêt pour ce colloque, qui vise à mettre en commun les travaux en grammaire et en orthographe d’ici et d’ailleurs.
Axe 1. L’apprenant : ses représentations ou ses conceptions, l’analyse de ses graphies, l’analyse de ses performances, ses raisonnements grammaticaux, l’influence de ses affects sur ses apprentissages langagiers.
Axe 2. Les pratiques enseignantes : les pratiques novatrices, les dispositifs didactiques, les expériences sur le terrain, les enjeux de planification et d’évaluation.
Axe 3. La formation enseignante : les défis de la formation initiale des enseignant·es, l’accompagnement et la formation des enseignant·es, la conseillance pédagogique en grammaire, les besoins de formation.
Axe 4. La transposition didactique : le passage des savoirs issus de la recherche en savoir à enseigner; le passage des programmes officiels à la salle de classe.
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