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De l’article 93 à l’article 23 : perceptions publiques des changements constitutionnels en lien avec l’éducation des minorités anglophones au Québec dans les années 1990.

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Anthony Di Mascio : Université Bishop's

Résumé de la communication

En 1997, une modification constitutionnelle a rendu l'article 93 – qui protégeait les systèmes scolaires catholiques et protestants – inapplicable au Québec. L'un des arguments en faveur de la fin de l'enseignement confessionnel était que l'article 23 de la Charte garantirait les droits de la minorité anglophone, assurant ainsi la pérennité d'un système scolaire distinct. Pourtant, l'enseignement protestant bénéficiait depuis plus d'un siècle d'une protection solide en vertu de l'article 93, tandis que la robustesse de l'article 23 était moins certaine. Dans quelle mesure la communauté anglophone a-t-elle compris ce changement de protections constitutionnelles? Dans quelle mesure la communauté anglophone considérait-elle les droits prévus par l’article 93 qui seraient perdus et ceux par l’article 23 qui seraient gagnés? À travers l'analyse de la presse écrite des années 1990 au Québec, cet article vise à répondre à ces questions et à évaluer la compréhension par le public des implications de ce changement pour les droits des écoles de la minorité au Québec.

Résumé du colloque

L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés garantit le droit à l’instruction dans la langue de la minorité linguistique officielle d’une province ou d’un territoire (anglais au Québec et français ailleurs au Canada).

Ce colloque multidisciplinaire, organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (QUESCREN), analysera le secteur de l’éducation en langue anglaise au Québec dans le contexte du climat sociopolitique actuel de la province et des litiges en cours en vertu de l’article 23. Il explorera leurs incidences potentielles sur la vitalité de la minorité anglophone du Québec et des francophones à travers le pays, et cherchera à établir un dialogue à partir de multiples perspectives pour favoriser la compréhension mutuelle.

Des litiges en cours remettent en question la capacité des acteurs du réseau anglophone à :
• recruter des employés portant des signes religieux (loi 21);
• gouverner par l’intermédiaire des commissions scolaires (loi 40);
• utiliser l’anglais dans les communications avec le gouvernement (loi 96);
• proposer des frais de scolarité similaires à ceux des universités francophones pour les étudiants hors Québec.


Tous ces litiges invoquent l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui garantit l’accès à l’école dans la langue officielle de la minorité provinciale.

Les défenseurs des intérêts anglophones utilisent l’article 23 pour souligner l’importance de leur autonomie face à un État québécois centralisateur.

Les tribunaux provinciaux ont parfois soutenu cette perspective. Par exemple, la Cour supérieure du Québec a initialement confirmé le droit des anglophones de contourner la loi 21, mais cela été annulé en appel.


À l’échelle fédérale, la Cour suprême du Canada maintient que l’article 23 doit être interprété largement pour renforcer l’autonomie de la minorité, sans être limité par des considérations économiques. De plus, l’article est hors de portée de la clause dérogatoire (art. 33).

Les critiques de cette interprétation estiment qu’elle néglige le pouvoir d’un gouvernement élu à majorité d’imposer des lois, et qu’une interprétation trop large pourrait fragiliser le statut de la langue française au Québec.

Contexte

section icon Date : 9 mai 2025

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