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Pierre-Luc Landry : University of Victoria
À l’ère de l’intelligence artificielle, de l’hyperconnectivité et de la médiation technologique des savoirs, l’enseignement doit se réinventer pour répondre aux réalités du monde contemporain. Plutôt que de considérer les nouvelles technologies comme une menace, nous aurions avantage à nous en saisir comme d’une opportunité de transformation pédagogique profonde, au-delà de leurs usages ludiques ou superficiels. Ma communication réfléchira à l’intégration des technologies dans mon enseignement et à la manière dont elles ont accompagné mon ouverture aux approches pédagogiques fondées sur l’apprentissage expérientiel, les tâches authentiques et l’engagement communautaire. À travers le récit de quelques projets pédagogiques tels que la production de podcasts, la réalisation de vidéos documentaires en collaboration avec des organismes locaux, ou encore la publication dans une revue numérique de textes de création littéraire, j’explorerai comment les technologies permettent de miser sur une pédagogie en constante métamorphose. Je suggère de dépasser le cadre traditionnel du professeur qui professe afin de développer des environnements d’apprentissage plus dynamiques, inclusifs et ancrés dans la réalité des étudiant·es francophones ou francophiles en milieu minoritaire.
À l’ère actuelle de l’intensification de la présence de l’intelligence artificielle (IA) dans la sphère universitaire, de nouveaux besoins pédagogiques ont graduellement fait leur apparition (Capus et coll., 2002). Ils reflètent l’importance de repenser la nature et les limites de l’enseignement en sciences et dans le domaine des sciences informatiques (Lision et Vercher, 2023). Or, peu d’études se sont penchées sur la façon dont la nature de l’enseignement des littératures françaises et francophones est affectée par l’essor de l’IA. La recherche actuelle met d’ailleurs l’accent sur le retour hégémonique de l’anglais qui s’installe de nouveau comme langue normative dans les salles de cours, où les outils d’IA sont démystifiés, voire réactualisés.
À la problématique globale de ce colloque, s’ajoute l’enjeu de l’enseignement des littératures françaises et francophones en contexte minoritaire francophone au Canada, notamment au sein des universités anglophones, dans lesquelles le français figure comme langue de transmission de savoirs, mais seulement en études françaises et francophones. De Homère à Shakespeare, en passant par les scandales juridiques de diffamation ou d’atteinte à la vie privée, les questions de paternité littéraire, de responsabilité éthique ou de datation, passionnent la critique littéraire. Des études spécialisées prennent le pouls d’un tel débat culturel, social et épistémique depuis les vingt dernières années (Sapiro, Mihelakis, Barraband, etc.), mais peu a été dit à propos des façons dont l’enseignement des littératures françaises et francophones réactualisent ces débats à l’aune des nouvelles technologies et de l’IA. C’est à ce vide que ce colloque souhaite apporter quelques pistes de réflexion.
Titre du colloque :