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Valérie Thackeray : Université de Lorraine
Cette communication, en sociologie et sciences de l’information et de la communication, traite de l’usage d’un eportfolio d’apprentissage dans des formations de l’enseignement supérieur construites en approche par compétences (Poumay, Tardif, Georges : 2017). Une enquête quantitative et qualitative menée de 2023 à 2025 en IUT, INSPE, UFR et école d’ingénieurs a permis de collecter des cas d’usage, 28 entretiens avec des enseignants et étudiants et 84 portfolios. Les étudiants y documentent le développement de leurs compétences au cours de leurs expériences de formation. En tant que « technologie intellectuelle » (Robert : 2000), cet outil soutient la professionnalisation (Watson, Doolitte : 2011) et l’apprentissage tout au long de la vie, en encourageant une posture réflexive et une attention accrue aux compétences transversales. En effet, si la professionnalisation requiert des compétences techniques, elle appelle un autre rapport au savoir, le développement de capacités de compréhension et l’anticipation du changement (David, Foray : 2002). Les enseignants constatent une visibilité accrue sur la progression des étudiants et leur façon d’aborder les problématiques auxquelles ils sont confrontés. Les portfolios mesurent ainsi les apprentissages effectifs des étudiants (Colen : 2003), sans s’y limiter. Ils contribuent à la construction de l’identité professionnelle des étudiants et d’un rapport réflexif et distancié au savoir contrastant aux échéances d’examen habituelles.
En 2013, l’Équipe FUTUR amorçait ses travaux sur l’approche par compétences, visant des apprentissages durables pour préparer les futures personnes professionnelles à répondre efficacement aux besoins de la population. En 2021, nous avons recentré notre thématique de recherche autour de la professionnalisation des individus, adoptant une vision plus située et contextualisée des dimensions qui définissent ce phénomène : développement de compétences, construction de l’identité et appropriation d’une culture professionnelle, que ce soit avant, pendant ou après la formation, et tout au long de la carrière. Nos travaux visaient à comprendre comment diverses expériences éducatives contribuent à la professionnalisation, en fonction des enjeux contemporains de la formation.
En 2025, cette thématique est plus pertinente que jamais, alors que les systèmes professionnels font face à des défis sans précédents : pénurie de main-d’œuvre, épuisement professionnel, difficultés de recrutement et de rétention. Depuis la pandémie, l’accès aux occasions d’apprentissages expérientiels a diminué, mais l’interprofessionnalité et l’implication de la population dans la formation ont gagné en importance. Les technologies émergentes modifient les perspectives d’apprentissage et l’offre de services, obligeant les professionnel·les à s’adapter à la transformation numérique, à l’intelligence artificielle et à l’augmentation exponentielle des connaissances, tout en luttant contre la prolifération de fausses informations. Des enjeux persistants tels que le racisme, les iniquités et le manque de diversité nuisent aux services à la population tout en contribuant à l’attrition et à la pénurie de main-d’œuvre.
Il est crucial de comprendre comment ces nouvelles réalités influent sur la professionnalisation et de développer des solutions innovantes en partenariat avec les milieux éducatifs et professionnels. Il devient essentiel de : 1) approfondir notre compréhension de la professionnalisation dans le contexte des nouvelles réalités professionnelles; et 2) concevoir des expériences éducatives pour former des apprenants à vie capables de transformer les systèmes.
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