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Saja Farhat : Université de Montréal
Depuis la définition de la responsabilité sociale (RS) des facultés de médecine par l’OMS en 1995, les attentes envers ces institutions ont considérablement évolué. Face aux inégalités sociales de santé croissantes, il est devenu impératif que la formation médicale prépare les futurs professionnels non seulement à répondre aux besoins de la population, mais aussi à comprendre et à agir sur les injustices structurelles qui façonnent l’accès aux soins. Pourtant, cette dimension demeure largement absente des curricula.
La formation médicale a grandement évolué depuis le rapport Flexner (1910), qui a mis en place des standards de formation médicale en Amérique du Nord. Les nouvelles connaissances augmentent de manière exponentielle, et les besoins de la société ne cessent de se diversifier, voire de devenir plus complexes. Dans une perspective de responsabilité sociale (RS), les facultés de médecine doivent donc s’adapter afin de mieux répondre aux besoins de la population. Devant le manque de médecins, le nombre d’étudiants admis dans les écoles de médecine au Québec atteint d’ailleurs un sommet jamais vu auparavant. On rencontre pourtant encore un manque important de couverture médicale, particulièrement en médecine familiale, dans plusieurs régions du Québec, ce qui peut mettre en jeu la qualité des soins prodigués à la population. Afin de remédier à la situation, les quatre facultés de médecine québécoises ont mis en place six campus délocalisés et des milieux cliniques en région. En accord avec la mission de RS des facultés, ces milieux permettent d’attirer davantage d’étudiants vers la pratique en médecine de famille dans des régions historiquement moins bien desservies. Avec le nombre grandissant d’étudiants, ces milieux d’accueil permettent aussi un enseignement de qualité dans un environnement psychologiquement sécuritaire et propice à l’apprentissage.
Au-delà du site de formation, le contenu du curriculum enseigné aux futurs médecins doit également permettre de mieux répondre aux besoins de la population. Ainsi, plusieurs innovations ont été intégrées dans les études médicales au cours des dernières années : curriculum sur les soins anti-oppressifs, arts et humanités, immersion clinique précoce des étudiants, contact soutenu avec des patients partenaires et intégration de nouvelles technologies de l’information (p. ex. : IA, simulation, réalité virtuelle). Il est important de voir comment ces innovations permettent de répondre aux besoins de la population.
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