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Intelligence humaine et intelligence artificielle dans l’analyse et la genèse d’images environnementales

HZ

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Hela Zahar : Université de l'Ontario français

Résumé de la communication

Les images du changement climatique jouent un rôle important dans la prise de conscience du processus de la crise environnementale et un éventuel changement vers des pratiques sociales plus écoresponsables (Chapman et all., 2016). Le développement des images génératives soulève plusieurs interrogations quant au processus créatif de l’image et aux capacités d’« analyse » attribuées à l’IA générative (Lee 2022). Ces interrogations ne relèvent pas seulement du développement des technologies, mais aussi des imaginaires sociaux qui alimentent et structurent ces technologies. Au cours des deux dernières années, les modèles d’IA tels que DALL-E, OpenAI ou Midjourney ont explosé en popularité. Ces technologies sont capables de générer des images à partir d’invites ("prompt") textuelles saisies par un utilisateur qui peuvent aller de simples descripteurs à des instructions complexes sur le contenu et le style. Elles peuvent également comprendre des images soumises pour analyse aux modèles d’IA (Bansal et all. 2024).

Dans cette communication, nous nous interrogeons sur le processus créatif associé à l’utilisation des images environnementales générées par l’IA en comparant une analyse ‘humaine’ à une analyse ‘artificielle’ des images du projet « SINK / RISE » du photographe climatique Nick Brandt (Zahar 2025). Les aspects éthiques et méthodologiques de l’imagerie générative sont aussi abordés, afin de questionner la place de l’humain dans l’analyse et la genèse d’images génératives.

Résumé du colloque

Ce colloque réunit, dans une perspective transdisciplinaire, des spécialistes de sciences humaines et sociales impliqués dans l’évolution de l’intelligence humaine (IH) en contexte IA. Nous plaçons l’échange sous le signe des réalisations en recherche et en enseignement, dont les applications concrètes relient l’université, les collectivités et la société. Le développement de l’IH est loin de susciter le même intérêt et d’engager les mêmes ressources que l’IA, face à laquelle elle se place, sans s’y opposer nécessairement (Barad, Vitali-Roseti). L’IA est institutionnalisée, avec statut de discipline autonome, bénéficiant de ressources substantielles. En revanche, l’IH – aspect fondamental de l’humain – demeure un thème étudié de manière transversale depuis différents champs de savoir, sans bénéficier des avantages réservés à l’IA (Detterman). Nous nous proposons de comprendre cet état de choses en partant du concept moins étudié de l’exosomatisation, processus par lequel l’humain externalise ses attributs et facultés hors corps, dans des objets technologiques (Stiegler, Lotka). Dans le passage du corps humain à la machine, l’IH change de statut. Les outils de la transdisciplinarité, notamment la pensée complexe (Morin) et les niveaux de réalité (Nicolescu), font voir que l’IH n’est plus la voie principale de transposition du Réel, mais un attribut dont la machine copie une partie, que l’on déclare suffisante et à laquelle l’humain se rapporte dorénavant. L’exosomatisation de l’intelligence certifie la refabrication du Réel (Nicolescu, Sadin), où l’origine s’efface, nous plaçant constamment dans la copie d’une copie. Comment l’humain peut-il y demeurer créatif? Quelles actions concrètes permettent le développement de l’IH en contexte IA, dans nos cours, recherches ou initiatives citoyennes? Qu’est-ce qui constituerait un « apprentissage profond humain »? Quels effets sociaux, culturels, politiques et écologiques aurait un développement paritaire de l’IH et l’IA?

Contexte

section icon Date : 9 mai 2025

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