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Alexandra Tsedryk : Mount Saint Vincent University
Le nombre croissant d’études sur la compétence phraséologique montre l’intérêt des linguistes et des didacticiens pour le domaine de la phraséodidactique en langue seconde. En nous basant sur des études psycholinguistiques consacrées principalement aux expressions verbales figées (Caillies 2009 ; Bonin et al. 2018) et en menant des recherches de fréquences dans Eureka.cc, nous avons choisi 100 items fréquents. Les locuteurs natifs provenant de France et du Canada (n=32), d’une part, et des locuteurs non natifs du français dont la langue maternelle est l’anglais (n=32), d’autre part, ont participé à l’étude. Les locuteurs non natifs sont des étudiants de français du niveau intermédiaire-avancé (approx. B2 du CECRL) inscrits au programme du premier cycle dans trois universités canadiennes. Les participants ont évalué les phraséologismes proposés sur une échelle de Likert de 1 à 5 par rapport à trois critères (la connaissance, la familiarité et l’usage), après quoi ils ont complété un test à choix multiples sur les définitions de 34 locutions.
Selon les analyses statistiques menées dans SPSS, les participants des deux groupes ont une distribution significativement différente par rapport au score sur le test de locutions et connaissent donc dans une mesure différente le sens des locutions proposées. Nous présentons la méthodologie de collecte de données et discutons des implications de notre étude dans le domaine de la phraséodidactique en français L2.
Bien que le vocabulaire s’inscrive comme une cible prioritaire d’enseignement du français dès le début du parcours scolaire (Biemiller, 2012), il demeure, dans les faits, peu enseigné du primaire au secondaire (Dreyfus, 2004; Anctil, 2011). Au Québec, les résultats de recherches portant respectivement sur les pratiques d’enseignement du vocabulaire au primaire (Anctil, 2018) et sur l’utilisation du dictionnaire par les enseignants du primaire et du secondaire (Tremblay, 2018) confirment d’ailleurs cette tendance. En réponse aux enjeux soulevés par cet écart entre les principes théoriques et la réalité pratique, les recherches en didactique du lexique se sont multipliées ces dernières années, visant à développer des dispositifs pédagogiques innovants (Anctil et coll., 2024; Roubaud et Sardier, 2020), à documenter les pratiques enseignantes (Boubdelli, 2022; Tremblay, 2021) et à fournir des outils (Proulx, 2023) et des recommandations didactiques (Dehaene-Lambertz, 2023) aux acteurs des milieux de pratique.
Afin de favoriser la mise en commun des plus récents travaux en didactique du lexique et de soutenir ainsi les avancées dans le domaine, il nous paraît essentiel de proposer une rencontre scientifique réunissant des chercheur·ses de la francophonie s’y intéressant, comme nous l’avons d’ailleurs fait à l’Acfas en 2015, 2017, 2019 et 2023.
Nous reprendrons la structuration en quatre axes des colloques précédents :
Comme pour les éditions précédentes, notre colloque s’étale sur deux journées complètes, dont l’horaire se structurera selon les quatre axes présentés plus haut, soit un par demi-journée. Trente minutes sont allouées à chaque présentateur·trice (20 minutes de présentation et 10 de questions); pour favoriser les échanges, chaque bloc de présentation est suivi d’une séance plénière de 30 minutes animée par l’une des personnes responsables. Afin de préserver la dimension conviviale de l’événement, un souper commun est aussi organisé. Un projet de publications dans la foulée du colloque est envisagé comme pour les éditions de 2019 (Sardier et Roubaud, 2020; Tremblay et Anctil, 2020) et 2023 (Ftita, Anctil et Cavalla, 2024).
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